dimanche 12 septembre 2010

Aimer la douleur (suite... et fin)‏

J'ai fait un texte il y a quelques jours qui s'intitulait Aimer la douleur. Voici la suite. Elle a été écrite hier. Alors, non, la chanson ne joue plus en boucle et ma gorge va mieux. Mais pour le reste, c'est pas mal ça qui est ça ! :)

***
Just gonna stand there
And watch me burn
Well that's all right
Because I like
The way it hurts

Love the Way You Lie, Eminem

Cette chanson-là, je ne compte plus les fois où je l'ai écoutée depuis jeudi soir. On s'est rencontré moi et elle (la chanson) et on s'aime d'amour. Je voudrais vous dire que je hurle le refrain dans mon appartement à m'en arracher les tripes, mais ma gorge ne me le permet pas encore à sa juste valeur, à sa pleine valeur du moins.

Sauf que cette chanson-là, ce coup de coeur, j'ai beau l'aimer d'amour, je n'endosse pas les paroles. Oh ! je les aime, je les comprends, elles me touchent, elles me parlent, s'adressent à mon ventre, à quelque chose de viscéral que j'ai en moi, ça et le mélange avec la musique... Ça me rejoint. Mais me voilà, encore une fois, confrontée à cet amour de la douleur. Pas le mien, bien que je n'en sois pas immunisée, mais celui qui semble faire parti de notre monde.

J'ai déjà fait des textes ici et qui parlaient de ces choix. Celui d'aller vers un amour douloureux. Mais surtout d'aimer cette douleur. De la prendre comme preuve d'être en vie. Plus en vie que lorsqu'on a le ventre vide d'amour. Et je me questionne. Sans relâche. Je me demande. Pourquoi l'a-t-on fait ? Parce que tous, on l'aura fait. Sans exception. Accepter la douleur comme preuve d'amour. Et il y a les autres, les plus extrêmes, qui ont jusqu'à chéri cette douleur, tendrement, passionnément, parce qu'ils aimaient la façon dont ça les blessait... L'ai-je été de ce groupe-là ? Je n'ai jamais été en demi-mesure... Je l'ignore. Je sais que j'ai toléré, je sais que j'ai aimé, je sais que j'en ai laissé quelques-uns me faire souffrir plus que la situation ne le demandait. Pourtant, je crois avoir toujours été assez éclairée sur qui je suis. Sur comment je fonctionne. J'ose croire que j'ai choisi mes malheurs en connaissance de cause. Que j'ai fait un troc. Ma douleur contre un peu de l'autre.

Ce qui m'attriste, ce sont les autres que je vois. Qui sont là-dedans, bien pris, qui ne savent pas leur situation, qui aiment leur douleur. Qui se brûlent en en enfer par soi disant amour. Est-ce mieux de choisir son sort ? N'est-ce pas plus pire me direz-vous de choisir consciemment de souffrir en jouant à faire du troc ? Possible. Pour moi, non. Chacun son avis.

Ce texte ne va vraiment pas où je pensais l'amener au départ. Il prend une direction plus personnelle. La même chanson joue et résonne en boucle depuis que j'écris. J'ai mon ventre qui comprend. Qui en redemande. Je suppose qu'on peut même dire que mes oreilles se lasseront avant ce ventre exigeant et capricieux que j'ai.

L'amour...

L'amour est complexe. L'amour, on le veut, on le refuse, on en rêve, on le repousse, on l'aime, on le déteste, on le chérit, on le maudit, on le transcende, il nous attaque au ventre, on perd notre souffle, on en redemande, on retrouve notre souffle, il nous attaque. Il est sournois, il est doux, il surprend, il cogne à la porte et repart, c'est le train qui n'arrive pas toujours en gare, dans lequel il faut savoir grimper lorsqu'il se pointe, il est dur, il demande du travail, il est beau, il est magnifié, il est étrange, il ne s'explique pas.

En amour, il n'y a pas de loi.

Pourtant, il devrait y en avoir une.

Il ne devrait pas être souffrant. Pas parfait, pas un fleuve tranquille et sans douleur, mais il ne devrait jamais arriver à nous faire dire qu'on aime la façon dont il nous brûle et nous blesse. Jamais.

4 commentaires:

La lectrice a dit…

J'ai lu les textes en écoutant la chanson, je suis sans mots...merci de les avoir écrit.

L'Accro des listes a dit…

En lisant ton texte, j'avais en tête non pas ta chanson, ma la reprise puissante de Johnny Cah, Hurt ...

The Green Head a dit…

Drôle de coïncidence, je viens tout juste aujourd'hui de tomber sur un texte que j'ai écris quand j'ai mis fin à une relation que j'ai eu avec un homme violent. J'ai failli brûler en enfer, mais je me suis sauvé la vie. Cette chanson, m'a heurté brutalement quand je l'ai entendu pour la première fois. J'ai vu une (ancienne) partie de moi défiler devant mes yeux.

L'impulsive montréalaise a dit…

@La lectrice : Je suis contente si ces quelques mots ont pu te faire du bien et te toucher.
@L'Accro : J'ai été voir les paroles... C'est vrai que là aussi il y a un certain amour de la douleur. Des paroles puissantes.
@Green Head : Si tu savais à quel point on me dit ça souvent ici. J'arrive souvent à propos comme ça. Je suis contente que tu te sois sauvée la vie. Et je comprends parfaitement que cette chanson ait pu t'atteindre autant ds cette situation.