lundi 20 septembre 2010

Je suis malade, complètement malade...‏

J'ai essayé de le nier. J'ai essayé de ne pas le voir. Je ne voulais pas en parler. Le nommer à voix haute. Ou par écrit.

Mais voilà. Je dois l'avouer. Je suis malade. Complètement malade. J'ai une maladie. J'ai besoin régulièrement d'un soluté. Pour me soigner. Ça fait un bon bout de temps de ça. Ça ne paraît presque pas quand on me voit. Mais c'est là. Ne vous fiez pas à l'eau qui a l'air de dormir. Je suis malade. Réellement malade.

Il faudrait que je me soigne. Mais je ne veux pas. Je refuse. Parce que aussi bizarre que ça puisse être de dire ça, ma maladie, c'est aussi ce qui me soigne.

Oh ! oui, ma maladie, vous demandez ?
Une dépendance.

Une grande dépendance à mon ordinateur.

Je ne dors pas avec. Mais j'ai bien failli une fois ou deux. Vous dire à quel point je l'aime cet ordinateur... À quel point je ne pourrais vivre sans lui. La matin, j'ai l'oeil encore hésitant, je l'ouvre. Le soir, j'ai la paupière fatiguée et le dernier geste que je vais faire, c'est de tout revérifier sur mon ordinateur, sur internet. Y aurait-il un nouveau courriel dans une de mes 3 boîtes de réception ? Quelque chose nouveau sur facebook ? Des commentaires sur mon blogue ? Et quand il y a quelque chose, toujours, c'est une petite excitation. Surtout les commentaires sur mon blogue. La seule chose qui me convainque que ma maladie a du bon. Parce que je me sens quelque part relié à des gens qui se soucient de ce que j'écris, de ce que je vis. Oh ! bien sûr, j'ai des gens comme ça hors ordinateur aussi. Rassurez-vous tout de suite. Mais allez savoir pourquoi, il y a ici une certaine intimité qu'on ne trouve pas ailleurs. Une intimité différente.

Alors, je me lève avec lui. Je me couche avec lui. J'ai même failli le laisser sur le bureau à côté de mon lit pour mieux pouvoir voir les nouveautés quand je me réveille la nuit. Failli j'ai dit. J'ai toujours résisté jusqu'à maintenant. Et je ne considère pas que les fois où je me lève la nuit pour aller sur mon ordinateur parce que je ne dors pas compte. Au moins, je ne l'ai pas gardé avec moi. J'ai coupé le fil du soluté quelques instants. Pas de ma faute si j'ai besoin d'une dose de nuit pour parfois soigner mes insomnies !

Oui, je suis malade. Très malade. Et vraiment pas certaine de vouloir me soigner. Parce que mon ordinateur c'est écrire, c'est des mots. Et moi, les mots, l'écriture, j'ai parfois l'impression que ma vie en dépend.

12 commentaires:

La Brunette a dit…

J'ai tellement déjà eu ce sentiment-là. Longtemps même. Jusqu'à ce que je m'éloigne, durant mon Cégep. Et finalement l'Université. J'ai moins de temps pour être sur mon ordinateur. Mais, je comprends totalement la sensation, la nouveauté, les commentaires & tout, réellement.
Là, je l'apporte de plus en plus dans mes cours pour être au courant de tout et tout suivre... Je pense que je commence à tirer vers la maladie un peu.
Je voudrais bien te dire de te soigner, mais c'est une maladie des temps qui courent... tant que tu sais tirer la plug (pour faire un très mauvais jeu de mots) de temps en temps..

Marie a dit…

Une dépendance à l'ordinateur...Je ne vois tellement pas de quoi tu parles?!? :P

ramblings a dit…

Si le feu pognait icitte... J'sauverais ma peau, celle du chien, et celle de mon iMac.

shaton a dit…

Tu sais, quand j'étais adolescent, je me jetais quotidiennement sur la boîte aux lettres pour voir si un(e) correspondant(e) m'avait écrit (surtout les filles !)
Je pense que cette dépendance aux messages et aux commentaires n'est pas différente. C'est la même, la seule différence étant que la boîte aux lettres n'est alimentée qu'une fois par jour, ce qui permet de penser à autre chose le reste du temps.
Ta maladie est incurable, désolé.

Juju a dit…

J'ai vraiment aimé ton texte, je suis contente de voir que je ne suis pas la seule accro à l'ordinateur.

J'ai aussi aimé ta phrase «il y a ici une certaine intimité qu'on ne trouve pas ailleurs. Une intimité différente». Pour moi, cette intimité différente est celle que tu ne peux pas être jugé sur à quoi tu ressembles, juste par ce que tu écris par contre, mais je me dis que si les gens n'aiment pas ce que nous écrivons, ils n'ont qu'à aller voir ailleurs et de préférence, ne pas nous laisser des commentaires désagréables ou insultants sur nos blogs.

Sur ce, je te souhaite une bonne journée!!!

redbee2 a dit…

J'étais malade aussi. L'ordi était mon obsession, ma maladie. Mais maintenant je suis guéri. Je me suis procuré l'antidote: un iPhone! Plus besoin de mon ordi pour suivre tous les mouvements du net. Et je l'ai avec moi 24 heures sur 24. Je suis guéri je vous dis!!!!

redbee2 a dit…

Mon vrai commentaire:
Ce n'est pas l'ordi la maladie mais internet. La vie social du web. Ce ne sont pas les mots qui rendent malade, mais le besoin d'être lu, d'être écouté, d'être apprécié. Sinon, le papier ferait l'affaire.

C'est mon point de vue la dessus. xx

L'impulsive montréalaise a dit…

@La Brunette : Ahahahhaha ! Alors on se comprend. Mais bon, je dis que c'est une maladie, mais ce n'est pas trop dommageable donc.... Et oui, je n'ai aucun problème à m'éloigner de mon ordi. C'est juste que quand il est là... ben je le regarde bien souvent ! Héhé !
@Marie : Oui, je suis certaine que tellement pas........ (roulement de yeux).
@ramblings : T'as au moins mis les êtres vivants en premier. C'est bien ! :)
@shaton : Aaaahh ! la correspondance aussi. J'aimais toujours surveiller la boîte aux lettres moi aussi. Et que ce soit incurable, c'est pas trop grave. Ça ne nuit pas à ma vie.
@Juju : Oui, peut-être que cette intimité différente vient de l'absence d'opinion physique. Mais je crois aussi que ça vient du fait qu'il y a beaucoup de trucs intimes et personnels qui se disent ici. Entre des gens qui ne se connaissent pas. Et ça, ça crée cette drôle d'intimité. Que j'aime bien.
@redbee2 : Mouahahahahahah ! Oui, pas de maladie effectivement. Juste 24h sur 24 plogué le gars ! Et oui, tu as raison, c'est la vie sociale du web qui veut ça. Ce qui est drôle, c'est que ma vie sociale à l'extérieur se porte très bien. Mais ici, c'est autre chose. D'autres "amis" en quelque sorte. Et j'aime en prendre soin.

Viv a dit…

C'est vrai que c'est une maladie pareil. J'en ai longtemps été dépendante, vissé à mon ordi presque 24h sur 24 quand j'attendais que ma vie arrive. Et maintenant que j'ai moins le temps d'aller sur l'ordi, on dirait que ça me manque, comme un sevrage. Peut-être qu'on devrait aller en désintox!

L'impulsive montréalaise a dit…

@Viv : Ben, en fait, je n'attends pas que ma vie arrive. Elle est déjà bien là. Et pas pire à part ça. Mais, si j'ai un ordi près de moi, c'est plus fort que moi. Je dois. Alors oui, peut-être qu'on devrait songer à la désintox. Ahahahaha !

Viv a dit…

Je ne doute pas du fait que tu as une vie! J'ai dit ça parce que je parlais de l'époque avant ma greffe c'est tout! ;)

L'impulsive montréalaise a dit…

@Viv : Oui, je m'en doutais. Héhé ! Ça n'a pas dû être facile tout ça...