samedi 18 septembre 2010

Un inconnu du transport en commun

J'ai toujours été fascinée par le lien qui peut se créer de reconnaissance quelconque entre deux inconnus. Dans le transport en commun par exemple.

Je le voyais. Chaque matin. On se croisait l'espace d'une dizaine de minutes dans l'autobus. C'était bref, ordinaire. En surface du moins. Je le regardais chaque fois qu'il entrait. Fascinée. Je le comparais à cet acteur plutôt beau garçon et connu de tous. Je tairai le nom pour ne pas qu'on ne le reconnaisse. Ni moi. Et pourtant, cette histoire est si banale, que nommée ou pas, où est la différence ? Cette histoire ne compte que pour un rêve. Alors voilà, je le comparais à cet acteur. Il lui ressemblait comme une goutte d'eau ressemble à une autre. Même si on dit que deux gouttes d'eau ne sont jamais vraiment identiques. Ou est-ce juste deux flocons de neige ?

Je le comparais donc et je le regardais. Cette beauté tape-à-l'oeil m'était choquante. Elle avait attiré mon attention la première fois, mais elle ne m'intéressait plus maintenant. Du tout. La profondeur de son regard m'interpelait davantage. Et le fait qu'il ne souriait jamais. Qu'il était toujours soit mélancolique, soit seulement sérieux. Difficile à dire.

Toujours est-il que mon attention était toujours très brève. Une ou deux minutes à son entrée et je partais dans mes pensées. Jusqu'au jour où il s'est assis près de moi, à côté de moi. Collé sur moi. Il ne l'aura jamais su, mais ce jour là, mon attention aura duré de son entrée à ma descente. Avec le souffle coupé et la nervosité dans les doigts. Je suis comme ça. Il y a certaines personnes que je ressens trop. Qui me rentrent dans la peau. Même sans mot. Il en était. Je ne lui ai jamais parlé. Que ce serait-il passé si je l'avais fait ?

D'accord, puisque vous insistez, Leo. Il ressemblait à Leo.

Je ne lui ai jamais parlé. Même si sa présence, je la ressentais trop.

5 commentaires:

Ma mère était hipster / Absurdités claustrophobes a dit…

Ouf, je te comprends tellement. Même chose avec un bel homme grisonnant dans l'autobus 24. Certains matins. Il a l'air charmant, gentil, doux. Et je le ressens. Aucune idée pourquoi.

conciliabule a dit…

Ça me rappel un excellent texte que j'ai lût il y a longtemps.

http://inutile-et-incertain.blogspot.com/2007/08/la-beaut.html

L'impulsive montréalaise a dit…

@ma mère était hipster : On se comprend alors. Toutefois, moi, ça faisait longtemps ce gars. Mais j'ai retrouvé un bout de papier sur le sujet. Et j'ai voulu partager. Parle-lui à ce grisonnant ! :)
@conciliabule : C'est vrai. C'est un joli texte. Pas dans la même lignée que moi exactement. Mais assurément dans la lignée de sentir les gens...

shaton a dit…

Quoi ? Leo ? Leo Getz ? LE Leo Getz de Letal weapon ?

L'impulsive montréalaise a dit…

@shaton : :-P Bla bla bla....