mercredi 14 juillet 2010

Là, maintenant, je pleurerais...

Parfois, j'ai l'impression d'être trop vorace. Mais qui dit voracité dit surtout manque. Manque immense. Gouffre.

Manque d'affection, manque d'attention, manque de sexe, manque d'amour, manque d'extraordinaire, manque de tout. Ce n'est jamais assez. Je veux tout, je veux plus. C'est une souffrance à vif. Que je cherche à combler de mille façons. C'est un trou béant dans le fond de mon ventre. Que je cherche à tarir en agissant de façon insensée. C'est une plaie qui saigne. Que je tente d'étouffer avec un plasteur trop petit. C'est mon coeur qui abrite du vide. Que je tente de remplir par n'importe quoi d'éphémère.

La nature n'est pas faite pour le vide. Partout, il y a de petites particules, des éléments. Et au milieu de ça, moi. Qui est contre-nature. Qui ne ressemble à rien. Qui est un trou noir dans l'univers. Qui sombre de désespoir. Qui avale tout sur son passage, mais ne garde pourtant rien. Je suis une bouche géante. Mais ce que j'avale, me ressort par le coeur en vagues multicolores et s'efface. Pour me laisser de nouveau à mon vide. Pour m'abandonner à ma voracité de folle.

20 commentaires:

Caro a dit…

Vas-y pleurs, des fois il n'y a que ca qui peut nous soulager, ensuite ca l'ira mieux j'en suis certaine.

Anonyme a dit…

quand on te lit on te sent très triste. j'espère que cet état d'âme n'est que de passage... courage...

Luc Pierre (dit le salaud) a dit…

T'es-tu déjà demandée quelle était ta part de responsabilité par rapport à ton insatiabilité? Parce qu'après tout, il serait faux de prétendre que tout le monde est fautif sauf toi. Les autres ont une partie du blâme, et toi aussi, tu en as une partie. Même chose pour tout le monde, moi le premier.

Que pourrais-tu faire de mieux pour faire en sorte que les choses se passent? Pour que tu ne ressentes plus ce manque? Pourquoi ne rencontres-tu pas quelqu'un?

Camille a dit…

Je suis d'accord avec Luc-Pierre, passes à l'action, provoques un peu les choses. Oui tu risque de te planter, mais tu risques aussi quelques succès, mais dans un cas comme dans l'autre, on appelle ça vivre. Alors vas-y, vie un peu! :)

Edgar Jean a dit…

Bouddha disait, du moins on le lui attribue ce propos, que toutes les sources de désir sont ultimement ce qui causent des souffrances, et qu'il fallait s'affranchir de ses désirs pour ne plus souffrir. Loin de moi la volonté que tu deviennes une ascète. Je retiens toutefois de ce message que le problème est au fond de toi, qu'il faille chercher à le régler. À trop vouloir, c'est comme si tu remuais le couteau dans la plaie.

Patty O'Green a dit…

Oh! Tu me bouleverses...

The Green Head a dit…

Jean dit vrai, je ne suis une néophyte du bouddhisme, mais les sources de désirs sont la cause de nos souffrances. Peut-être que lire à ce sujet te ferait le plus grand bien. Je t'y encourage. Tu me touches bcp l'impulsive...

Victor a dit…

Facile à dire mais je rejoins les derniers commentaires, qui parlent de cette salutaire équanimité, si si c'est le mot ! Bah en fait et en gros c'est savoir être seul et heureux... avant de projeter toute cette soif et ce malêtre temporaire sur le prochain gars qui passe, qui risque fuir, ou pire se laisser embarquer dans un voyage vers l'enfer si tu n'engages que du manque et du négatif.

shaton a dit…

Moi je vois surtout un prétexte à faire de jolies phrases ;-))
Et effectivement, tu en as fait.
Ceci étant dit, on aimerait que cesse cette grande souffrance quand on a un peu d'affection pour toi...
Et qu'un jour, tu fasses de jolies phrases avec de la joie.
Il paraît que certaines personnes pensent qu'elles n'écrivent bien que quand elles souffrent. Je pense qu'elles se trompent. Quand on ne souffre pas, on n'a souvent PAS LE TEMPS d'écrire. Et du coup on croit qu'on n'y arrive pas et...
Bref, je me mets hors sujet tout seul...

Marie a dit…

Il est peut-être temps de changer un peu les choses, de changer la façon de voir cette voracité, ce manque. C'est ce que je retiens de ce texte.

Je vais te dire la même chose que tu m'as laissé en commentaire sur ma liste de choses à faire avant de mourir: Quessssé t'attend alors???

Miss Candy a dit…

Ce vide qui t'habite, arrête d'essayer de le remplir à tout prix. Arrête de vouloir le faire disparaître de toutes tes forces. Apprivoise-le, ne le voit pas comme un ennemi. Il se remplira et disparaîtra de lui-même, sans que tu t'en aperçoive. Et entre temps, tu souffriras moins. C'est bien souvent quand on arrête de chercher qu'on trouve. Et quand on se dit que là, on est bien avec les choses comme elles sont qu'elles changent, justement.
T'as quand même le droit à un gros câlin.

The Green Head a dit…

Où est l'impulsive ?

L'impulsive montréalaise a dit…

Je vais commencer pas répondre au dernier commentaire avant de répondre aux autres.

@Green Head : J'étais là. Mais j'avais besoin de réfléchir. Je suis encore là-dedans d'ailleurs. Merci de demander des nouvelles. C'est vraiment gentil de ta part et j'apprécie.

Bon les autres maintenant :
@Caro : Je n'ai pas pleuré. Mais je vais mieux. Comme je viens de dire, je réfléchis beaucoup.
@Anonyme : J'étais effectivement triste. L'étais-je beaucoup ? Je ne sais trop. Il est certain que les écrits sont toujours une sublimation d'une émotion, d'une réalité. Pas de la fiction. Mais les mots sont les mots.
@Luc Pierre : Mais bien entendu que je sais que je suis la grande responsable de ce manque. Je ne suis pas très tête dans le sable, tu sais. Je vois beaucoup, je comprends beaucoup. Mais tout comme tu dis rester un salayd, je n'arrive pas à m'améliorer en claquant des doigts juste parce que je le souhaite. Mais j'y travaille. J'y songe. Et non, je ne veux pas rencontrer de psy si c'est ce que tu sous-entendais par rencontrer quelqu'un. Je n'ai rien contre eux, j'ai donné pendant plusieurs années. Là, je vis. Et la vie n'est pas un fleuve tranquille. Pas toujours du moins.
@Camille : J'essaie... Mais ça va souvent dans le mur mes affaires. Pas toutes ni tout le temps. Mais souvent. Mais je vis. Il y a juste que je suis fatiguée ces temps-ci. Du corps, mais de l'esprit aussi. Et la fatigue nuit.
@Edgar Jean : Je sais. Je sais tout ça. J'ai d'ailleurs déjà lu ici et là sur le bouddhisme. Mais s'empêcher de désirer, tu en conviendras, n'est pas une chose facile. Je serai toujours un "work in progress".
@Patty : Pas trop je l'espère. Comme je le disais, les mots ont toujours une portée un peu plus grande, lorsque, comme moi, on sait les rendre beaux.
@Green Head : Comme je disais à Edgar, j'ai déjà lu sur le sujet. Je suis quelqu'un qui réfléchit beaucoup, qui me connaît bien.
Sinon, je ne sais pas pourquoi ce texte précis a autant touché les gens. Mais il semble qu'il l'ait fait. Les ait fait réagir surtout...

L'impulsive montréalaise a dit…

@Victor : Je tiens à préciser que ce n'est pas mon célibat qui fait mon "malheur". Qui m'a fait écrire ce texte. Oui, j'aimerais beaucoup rencontré quelqu'un. Suis-je incapable pour autant d'être heureuse seule ? Non. Je n'ai pas peur de la solitude. Si je ne voudrais absolument pas être seule, je ferais tout pour ne pas l'être. Mais je ne le fais pas. Et non, je ne vais pas être si infernale que tu le dis le jour où je vais rencontrer quelqu'un. Je suis loin de n'avoir que du manque ou du négatif à offrir. Mais comme tout le monde, j'ai mes moments plus tristes. Peut-être que je les vis juste plus intensément que certains. Ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose.
@shaton : Merci pour le compliment. Et il est vrai qu'il est plus facile de faire de jolies phrases lorsqu'on est déprimée. Mais je crois en faire aussi lorsque je suis joyeuse. Je ne crois pas que ce blogue soit une immense lamentation. ;)Mais bien entendu, il est un endroit d'accueil et d'échange. Et parfois, il fait du bien d'y exprimer un peu les sentiments qu'on vit. Positifs ou négatifs.
@Marie : Tu as raison, j'attends trop. C'est d'ailleurs ma réflexion des derniers jours. Comme je le disais plus haut, je suis très fatiguée. Donc j'agis moins. Mais tous les commentaires m'ont brassé les idées, beaucoup le tiens, et je pense. Je suis fille à me donner des objectifs, des buts, des rêves. Mais la fatigue que j'ai me faisait me complaire dans la facilité. Oui, je pense, je pense.
@Miss Candy : Tu sais, mon vide, je l'accepte. Tout comme j'accepte mes sentiments négatifs et l'intensité avec laquelle je les vis. Avant, je voulais me révolter contre tout ça. Ça ne faisait que beaucoup plus mal. Maintenant, c'est beaucoup mieux. Mais j'essaie quand même de chercher des façons de m'améliorer. Car ce n'est pas parce qu'on accepte, qu'il faut baisser les bras.

Camille a dit…

Je peux te demander quelle est la cause de cette grande fatigue? Tu reviens tout juste de vacances il me semble.. mais bon! Remarques, pas besoin d'un prétexte pour être fatiguée ;-) Essaies de te reposer un peu xxx

The Green Head a dit…

C'est ce que je croyais : que tu étais en réflexion. Les commentaires que tu as eu ici portent à réfléchir. Ils ne sont peut-être pas tous résonnant pour toi, mais certains ont dû allumer une étincelle.

Pour ce qui est du bouddhisme, c'est un gros ''work in progress''. Ce sont des enseignements qui mérite du temps et de l'énergie par contre. Depuis que je fais de la contemplation de ces enseignements en méditation, je sens que mon grand gouffre intérieur rétrécie. C'est long, mais c'est si bon.

Enfin, prends soin de toi. Tes réflexions en allume parfois d'autres chez moi :)

L'impulsive montréalaise a dit…

@Camille : Je ne sais trop ma chère. J'étais fatiguée avant de partir en vacances. Et ce n'était pas des vacances reposantes. Ça m'a détourné les idées d'une bonne façon. Mais pas de repos. Ces temps-ci, je pense juste à m'isoler sur le bord d'un lac, seule, au Yukon genre !! Héhéhé ! Oui, j'essaie fort de me reposer. :)
@Green Head : Oui, certains commentaires m'ont un peu fait chier, d'autres ont résonné en moi, d'autres m'ont touchée. Je ne sais pas pourquoi ce texte-là a suscité plus de réaction que mes autres proses un peu déprimantes... Du coup, vu déjà mon état plus intro ces temps-ci et les réactions, j'ai eu besoin de quelques jours. Je suis contente de voir que mes réactions en allument d'autres chez toi et probablement chez d'autres personnes. Faut bien s'entraider dans la vie, s'épauler.

Miss Candy a dit…

Parfois, accepter, c'est justement baisser les bras, arrêter de lutter contre tout et se laisser porter. Parfois.

Clohollyday88@gmail.com a dit…

Personnellement, je pense qu'il faut que vous vous ouvriez davantage aux autres, les associations ont grandement besoin de femmes comme vous. En acceptant d'aider les autres, vous en ressortirez grandie, enrichie, par les gens que vous côtoierez, croyez-moi. Faîtes du bénévolat, apportez de l'amour, de la générosité, et ce vide dont vous faîtes état, finira par se remplir car vous même en aura retiré un enrichissement personnel !
en tout état d cause, ne baissez pas les bras, jamais ! Allez de l'avant,l'ouverture du possible est au bout du chemin !... Bon vent très chère ...!

L'impulsive montréalaise a dit…

@Clohollyday88@gmail.com : Oh ! Je ne baisserai pas les bras. Ce ne serait pas très moi. Mais merci pour ce beau commentaire. Plein d'espoir. Donner, c'est beau. Et c'est vrai que ça remplit des vides. De si belle façon. Merci encore.