jeudi 5 août 2010

Mon corps et ma peau‏

Mon corps n'est pas relié à ma tête. Pas toujours. Il a une vie propre et une mémoire tenace. Ma peau, c'est la même chose. Tout lui rappelle ces moments-là. Même si mon esprit se calme, si mon coeur s'apaise, même si ma tête est plus raisonnable, il y a encore mon corps et ma peau.

Mon corps et ma peau sont incendiés. Ils sont fous, ils sont volontaires, ils sont tenaces. Ils ont une mémoire gravée en eux. Les gestes que tu as fais, la douceur de tes mains, l'infini passion de tes bras... Quand ton corps est près du miens, j'ai ma peau qui s'affole. Elle se rappelle ces instants, se rappelle cette tendresse magnifiée, se rappelle tout.

Et alors, ma peau et mon corps sont mal. Car la distance n'est que trop grande. Entre eux et toi, entre eux et ton corps et ta chaleur. Et mon corps et ma peau bougent, se tortillent, inventent mille stratagèmes inventifs pour pouvoir te toucher sans avoir l'air de le faire. Sans avoir l'air de le vouloir si violemment que ça en fait mal.

Vraiment, je crois bien que le coeur a repris sa place. Il a repris ses battements réguliers. Mais le corps et la peau ne veulent rien savoir. Ils te veulent toi. Ils te veulent vraiment. Ils te veulent malgré tout. Ils te veulent comme un désespoir qui ne s'épuise pas.

5 commentaires:

Edgar Jean a dit…

Ah, la distorsion entre la tête et le corps.

La tête essaie de passer à autre chose, mais le corps et la peau sont encore nostalgiques.

Petite libellule a dit…

"Et mon corps et ma peau bougent, se tortillent, inventent mille stratagèmes inventifs pour pouvoir te toucher sans avoir l'air de le faire. Sans avoir l'air de le vouloir si violemment que ça en fait mal."

Wow... Intense et très bien écrit!

Marie a dit…

Si le coeur a compris c'est le principal, le reste suivra éventuellement.

shaton a dit…

Je suis d'accord et je confirme : la peau a de la mémoire. Elle en a tellement que c'en est troublant, parfois.

L'impulsive montréalaise a dit…

@Edgar : Oui... Mais ce qui est drôle, c'est qu'on aurait plutôt pensé le contraire, non ? Que la tête suit moins vite que le corps. En même temps...
@Petite libellule : Merci beaucoup. C'est toujours plus facile de bien écrire quand c'est si vrai.
@Marie : Oui, le coeur et la tête aussi, c'est l'essentiel. Le corps est beaucoup moins fragile. Juste bien volontaire.
@shaton : Troublant. Le mot est juste. C'est vraiment ça.