vendredi 9 avril 2010

L'over exposure : maladie de ce siècle

Vous ne ressentez pas un malaise parfois en lisant certains blogues ? Ou en écoutant une émission de télé-réalité ? À l'heure des journaux télévisés ?

Trop. C'est parfois trop. Trop d'informations, de détails, d'intimité, de croustillants, de dévoilement. Pourtant, on en veut plus. Toujours et encore plus. On veut savoir, voir, lire, regarder. Le voyeurisme est une maladie de ce siècle qui est fort bien servi par l'autre maladie de ce siècle : le besoin d'over exposure.

On veut se montrer, se dévoiler, s'avouer, s'exposer. Le sexe est rendu banal, la violence est sur you tube, on ne veut pas saluer son voisin, mais juste savoir ce qu'il fait d'horrible ou de gênant lorsqu'il ferme la porte de son domicile le soir. On ne veut pas garder ses secrets pour soi, avoir son jardin intime, sa sexualité privée et ses besoins cachés. On ne veut pas taire notre passé, nos opinions, nos émotions. On veut se montrer. La pudeur est un monstre qu'on veut tuer.

Pourquoi ce besoin ? Par nécessité de plaire ? Par importance d'exister dans le regard de l'autre de quelque façon que ce soit ? Parce que c'est la seule façon de se sentir humain et intégré ? Parce qu'on aime juste trop parler du sujet le plus beau au monde : soi-même ? Qu'en sais-je......

Des raisons, il y en a plein. Des raisons, il y en a trop. Parfois, je me demande pourquoi je vous parle de ma vie ici. De mon intimité. De mes trucs personnels. Ceux qui me bouffent la raison, qui me pertubent, qui me font réfléchir, qui m'allument.

Tout le monde veut son 15 minutes de gloire. Mais la gloire doit-elle nécessairement passé par l'over exposure ? Ne devrait-elle pas venir de quelque chose de plus constructif ? Est-ce important la gloire au fond ? Qu'est-ce qui nous rend réellement aussi volubile et exhibitionniste ? Être voyeur est-il condamnable ?

Je le dis. Parfois, je ressens un malaise. J'ai l'impression d'aller vos vies plus que je ne l'aurais souhaité. J'ai l'impression de découvrir certains trucs très laids parce que très nombrilistes et superficiels. J'ai l'impression que les gens ne veulent plus se parler dans les yeux dans les yeux. Ils veulent seulement vivre dans le regard de l'autre. Que ce soit en le provoquant, le choquant, ou le traumatisant. Toujours over, over, over. Trop, trop, trop.

Moi ? J'suis comme vous. Impossible de vous jeter la pierre. Mais possible de vous y faire réfléchir à cette pierre..

10 commentaires:

Sednah a dit…

Tu vois? C'pour un texte comme celui ci que t'as obtenu ton ministère...

Rousse a dit…

Je comprends et j'approuve ce que tu veux dire. Par contre, mon blog c'est pas pour avoir un 15 minutes de gloire. C'est pour me défouler (on s'entend que ça défoule mieux sur un blog que dans un journal intime), c'est pour écrire et pour avoir un espace à moi. Oui, il y a un côté voyeur, mais on l'a tous. ;)

MerJub a dit…

Parfois, on écrit des choses simplement parce qu'on a besoin de les écrire, parce que ça fait du bien. Et parfois, peut-être qu'on les poste pour s'assurer qu'on est pas seul au monde avec une situation donnée. Parfois, c'est aussi réconfortant de voir que certains peuvent vivre pire, même si le malheur des uns ne devrait pas faire le bonheur des autres... L'être humain est un être de paradoxes, de vices et de questionnements... On a beau dire "non ça me regarde pas" mais nos yeux regardent quand même et le cerveau enregistre, alors qu'on ne comprends même pas pourquoi...

Aussi, le fait d'être "caché" derrière son écran, derrière une image et un pseudo quelconque font aussi que des gens se crée une personnalité, joue un rôle... et l'être que nous sommes va ensuite se dire "wow cette personne a osé telle chose" alors qu'au fond ça peut être un rêve, une pure invention...

Personnellement, non, je ne ressens pas vraiment de malaise. Je me dis que ce qui a été posté est bel et bien là pour être lu, sinon ça ne serait pas posté. Mais bon la logique m'aime pas parfois...

Camille a dit…

Ahah! Je me suis justement fait ces réflexions hier ou avant-hier en lisant certains blogues.. veut-on vraiment TOUT savoir? Pour ma part je suis plus voyeuse qu'exhibitionniste, je peux pas m'empêcher de lire même quand je trouve que des fois c'est un peu trop.. Pourquoi? Aucune idée! Pas pour juger c'est certain, c'est plus un genre de divertissement qui m'occupe quand ma vie est plate.

BL a dit…

Quand c'est rendu que des gens se fixent des RDV par courriel plutôt que de prendre le bon vieux téléphone, que c'est plus simple de discuter avec quelqu'un du Burkina Faso qu'à son voisin de palier, normal qu'on veuille attirer l'attention par tous les moyens. Dans les grandes villes surtout, tout le monde est anonyme. Plus rien ne nous étonne, sauf une chose : les contacts croisés. Ça, ça ne se fait pas!

Je comprends l'envie de certains de tout dévoiler sur un blogue, à force de ne plus rien dévoiler aux autres. C'est triste en fait.

SP4M: a dit…

C'est clair que je me sens visé face à un billet comme celui-ci avec un blogue sans pudeur, sans limites, sans frontières, sans censure. Je me demande justement où se trouve ma limite et je crois l'avoir atteint.

La Tête: Notre intention parfois si simple; On veut juste démontrer la vie telle qu'elle l'est. Mais trop c'est trop. Et parfois, nous sommes obligé d'aller jusqu'au bout de l'histoire pour s'en rendre compte nous-même.

SP4M: Merci tout de même d'ajouter une raison de plus de pousser davantage la réflexion tant qu'à mon blogue. Je crois que c'est le temps de renouveller.

L'impulsive montréalaise a dit…

@Sednah : Ahahaahah ! Merci ! Oui, je vois...
@Rousse : Comme je disais, je ne jette pas la première pierre. Héhé ! Mais je suis d'accord, c'est vrai que ça défoule ce petit blogue-là !
@MerJub : C'est vrai qu'il y a quelque chose de rassurant à se sentir accepté dans ce qu'on écrit et ce qu'on vit. Que le blogue aide bien pour ça... sans pour autant nous obliger à dévoiler qui on est dans la vraie vie si on ne le veut pas.
@Camille : Ta vie n'est pas plate voyons ! ;) Pense à Teddy ! Ou à Coco. Héhé ! Mais oui, j'avoue que parfois, on vit par procuration.
@BL : "Je comprends l'envie de certains de tout dévoiler sur un blogue, à force de ne plus rien dévoiler aux autres. C'est triste en fait." Je trouve que tu dis quelque chose de très brillant sur ce commentaire-là. On a besoin d'exister tellement et parfois, on ne sait plus comment dans la vraie vie. Alors on se réfugie derrière l'écran et on essaie de bâtir son identité.
@SP4M : Tu te sens souvent visé toi... ;)Contente de t'inspirer une réflexion. Penser ce n'est jamais mal ! J'espère que tu trouveras la limite qui te convient et avec laquelle tu te sentiras bien.

lorent a dit…

Chacun a le droit d'écrire ce qu'il veut, sur la vie ou sa vie, et s'il se trouve des lecteurs qui y trouvent du plaisir, c'est que ça répond quelque part à une attente.
Je pense pas qu'on puisse se permettre de juger. C'est comme la téléréalité, y a juste à pas regarder, sans en parler, même pour en dire toute la misère que c'est. L'humain est comme il est, c'est pas en le vilipendant que ça va l'améliorer :))

lorent a dit…

Chacun a le droit d'écrire ce qu'il veut, sur la vie ou sa vie, et s'il se trouve des lecteurs qui y trouvent du plaisir, c'est que ça répond quelque part à une attente.
Je pense pas qu'on puisse se permettre de juger. C'est comme la téléréalité, y a juste à pas regarder, sans en parler, même pour en dire toute la misère que c'est. L'humain est comme il est, c'est pas en le vilipendant que ça va l'améliorer :))

L'impulsive montréalaise a dit…

@lorent : Je ne juge pas tant. Je fais juste me questionner... Et oui, il y un public pour tout ! Malheureusement.