samedi 1 mai 2010

Jusqu'où peut-on aller ?

Quelqu'un vient de m'inciter à une certaine réflexion suite au post que j'ai fait il y a quelques minutes et qui était, ma foi, un peu vindicatif, assurément intense.

Peut-on tout se permettre sur un blogue ? L'anonymat est-il suffisant pour justifier la façon dont les gens se conduisent sur la blogosphère. Ça et le fait qu'ici, bien que tout soit personnel, rien ne l'est vraiment ?

A-t-on le droit de faire des colères gratuites ? Est-ce sain ? A-t-on le droit de surexposer sa vie ? De tout dévoiler, même le plus intime ? De passer des messages aux gens de cette façon-là ? Jusqu'où devrions-nous nous permettre d'aller ? Tout est-il acceptable ?

Je sais. Comme d'habitude, plusieurs questions. Pas de réponses toutes faites. Quant à moi, ici, c'est libre. On y fait ce qu'on veut. On n'oblige personne à nous lire. Pourtant, il m'arrive d'avoir cette impression en lisant certaines personnes, qu'elles vont trop loin. Et moi ? Je ne sais trop. Je n'ai pas le recul nécessaire pour savoir si ce que je fais se justifie dans son ensemble. Je n'ai pas l'objectivité qu'aurait un autre lecteur ne me connaissant pas. Mon blogue, je l'accepte dans sa totalité, dans son intégralité. Mais peut-être puis-je heurter certaines personnes à l'occasion. Sans le vouloir. Car je crois bien être une blogueuse fort polie, fort civilisée. Vraiment.

Quelqu'un a déjà dit dans un commentaire sur mon bout de toile que l'on cherchait tous une certaine forme d'approbation... J'ai tendance à être en accord... De l'approbation, on en cherche partout. Même dans des lieux improbables et de la part de gens qu'on ne connaît pas... Oui, je sais. Abus des points de suspension dans le dernier paragraphe. Ça veut tout dire quant à moi...

17 commentaires:

Viv a dit…

On cherche tous l'approbation, oui, mais en même temps, un blogue personnel, c'est là pour ventiler aussi. Si certains articles en viennent à offenser certaines personnes, moi je me dis toujours qu'elles ont juste à ne pas lire nos écrits. On ne va quand même pas s'empêcher de s'exprimer juste pour ne pas froisser autrui. C'est déjà assez dur de gérer nos relations interpersonnelles dans la vraie vie, peut-on au moins avoir notre exutoire en ligne svp? Une autre question!

Camille a dit…

Moi ça me gêne pas une miette que quelqu'un explose le temps d'un billet, si ça peut lui faire du bien. Et puis tu es toujours tellement civilisée que ça te rend plus humaine à nos yeux! ;-) Reste que c'est ton blogue, tu y dis ce que tu veux, et si les gens n'aiment pas ou n'approuvent pas, qu'ils aillent lire ailleurs. C'est mon avis sur la question. Ça ne m'est encore jamais arrivé d'avoir affaire à un lecteur moins "prévenant" mais si ça m'arrivait le message serait simple: tu aimes pas? alors va voir ailleurs. Point final. Mais bon, je suis du type radicale dans mes réactions.

Michel a dit…

Ce n'est pas que je ne suis pas prévenant, je soulignais l'allusion au savoir vivre, simplement qui contrastait avec le propos.

Pour la colère, je n'ai pas de problème avec ça, lire, que j'en ressens beaucoup et l'exprime.

Mais le titre est l'impulsive, non? Cela donne le ton.

Mais pourquoi dire aux gens d'aller voir ailleurs si rapidement?

Vous ne voulez que des messages d'approbation?

Ça me semble plate ça.

Je suis pas prévenant, hé ben!

Pauvre toi, j'espère ne pas t'avoir trop heurtée par mon manque de délicatesse face à ta colère envers ceux qui manquent de savoir vivre.

C'est peut-être moi qui manque de savoir vivre finalement.

Chill-Vie a dit…

Je ne crois pas que bloguer signifie censurer et/ou teinter ses propos. je crois que la verbalisation au travers ce ''journal intime'' qu'on nomme blog.

En s,exposant et en exposant nos idées et émotions on le fait aussi à la critique et/ou la réponse pas toujours appréciée. En s'accordant le droit de s'ouvrir on accorde aux autres une certaine permission d'entrée

Jacou LeCroquant a dit…

En ce qui concerene le commentaire de Michel, au post précédent, qui disait : « Je lis ton billet pis ce n'est pas un exemple de savoir vivre, mettons.», après l'avoir lu, juste par curiosité et parce que je suis plus secondaire qu'impulsif dans mes réaction, je suis allé voir son blog . . . !

Et bien, en terme de « savoir vivre » son blog, tout comme le mien d'ailleur, ont beaucoup de leçon de « savoir vivre » à prendre auprès du tien chère Impulsive Montréalaise.

Je vous invite à aller lire le blog de Michel, c'est édifiant les filles !

Dites-moi si vous avez adoré ?
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Mademoiselle K a dit…

Ben je pense que je viens d'une autre planète. C'est la première fois que j'entend une opinion se faire dire manque de savoir vivre. Osti yé temps que je retourne a l'école y m'en manque des boutes

redbee2 a dit…

Le fait de pouvoir écrire et être lu nous impose une certaine responsabilité. Je ne crois pas que l'on puisse écrire tout ce que l'on veut sur un blogue. Et si on le fait, il faut accepter les conséquences. C'est trop facile de dire d'aller lire ailleurs.

Ceci dit, l'exemple du billet précédent est, d'après moi, relativement anodine. Tu as écris une frustration et un lecteurs t'a "réprimandé". Personnellement je ne comprends pas où il a vu ça mais il a le droit à son opinion. C'est la rançon de la gloire. :) Moi je n'avais aucun problème avec ce billet.

Ce sujet est très vaste et je le trouve très fascinant. J'écrirai surement sur le sujet un jour.

Jane a dit…

J'crois que les gens qui vont trop ont simplement le besoin d'aller trop loin (inconsciemment ou non). Moi perso, je ne ressent pas ce besoin. Et il faut savoir prendre le net et les blogs à la légère.

Michel a dit…

Il n'y a pas eu de réprimande.
Relisez, j'ai écrit que le billet n'était pas un exemple de savoir vivre.

À Jacouille, je soulignais le contraste du billet qui parlait de savoir vivre tout en comportant des sacres. Tout simplement.

Mon blogue est loin du savoir vivre, je le sais.

Comme vous vous outragez facilement, c'est impressionnant.

Luc Pierre (dit le salaud) a dit…

Techniquement parlant, OUI, tout est permis.

Tout est dans la manière.

Ce qui n'empêche pas de trouver que certains aspects de la blogosphère sont carrément déplorables.

Un exemple: il est PERMIS d'y exposer sa vie en entier. Mais il est fort DÉSAGRÉABLE de parcourir un blog qui ne s'adonne qu'à ça de manière compulsive.

C'est foutrement pathétique lorsque le blogueur écrit qu'il a vu un film aujourd'hui et qu'il était ni bon, ni moche, sans dire pourquoi. Ou quand il écrit qu'il a mis du beurre sur ses toasts au lieu de mettre de la confiture.

C'est un peu la même chose avec l'anonymat. Elle PERMET au blogueur de dire tout ce qui lui passe par la tête sans crier gare, ce qui lui donne une liberté totale de pensée. Mais est-ce bien? Je ne trouve pas. Pas dans la mesure ou beaucoup de gens ont aucunes inhibitions et abuse de ce pouvoir.

C'est d'ailleurs franchement pathétique de voir que certains prennent visiblement leur revanche une fois cachés derrière un avatar. On les remarques assez facilement, par ailleurs. Ceux qui écrivent des insultes à tous les deux mots, ou encore, qui mettent des majuscules partout. Ils disent ce qu'ils n'oseraient jamais dire en pleine face à qui que ce soit.

Le principe même du blog, c'est qu'il permet la liberté complète des esprits, sans égards pour leur enveloppe corporelle. Seulement, si nous libérons des esprits creux ou des esprits de bottine, ça ne donne pas toujours des trucs intéressants. Y'a des gens qui gèrent mal la liberté. Triste à dire, mais je le pense.

On ressent tous une certaine forme de retenue lorsque nous sommes en face d'un être vivant. Eh bien, cette retenue-là, elle est saine. Elle est utile. Elle évite les débordements ridicules qu'on observe souvent sur la blogosphère.

My two cents.

Armande Simplette a dit…

La blogosphère c'est un microcosme de la société. On y trouve de tout. Du bon comme du mauvais. Et tout comme dans les mouvements de foule, le fait de porter une cagoule, dans ce cas ci de recourir à l'anonymat, libère de beaucoup d'inhibitions. Dans les manifs, ils jettent des pierres à la tête des policiers et sur les blogs ils se permettent des commentaires "disgracieux" (au sens large, parce que l'on est pas tous dérangé par le même genre de commentaires). Mais écrire un "journal intime" qui est public, c'est donner aux autres le loisir de commenter et de se faire confronter. Ça fait partie de la "game". Est-ce que vous pouvez tout exposer de votre vie, même le plus intime? Dans le principe, je dirais que oui, à la condition que vous assumiez parfaitement cette exposition. Mais ce n'est sans risques. En fait, je crois que les limites, tant pour les contenus que pour les commentaires, ce sont les vôtres et c'est à vous d'imposer les règles du jeu. C'est votre jeu, c'est votre blog!!!

Je vous lis depuis peu, mais quant à moi ne changez rien. Les montées de lait intempestives, ça ne manque pas de charme... L'impulsivité, c'est votre image de marque, non? :)

Stéphane a dit…

Techniquement, le dernier droit revient au lecteur.

Si le bloggeur prend le droit de déraper le temps d'un (ou de plusieurs billets) le dernier droit est donc celui de lire, ou pas, le dit billet.

C'est un peu banal comme cause à effet mais liberté de un suppose la liberté de l'autre, et vice-versa.

La théorie de l'approbation y prendrait donc tout son sens.

L'impulsive montréalaise a dit…

@Tous : Je ne croyais pas créer un tel tollé. Voici mes réponses.
@Viv : Je suis d’accord en grande partie. Tant que personne n’est nommé ou insulté spécifiquement. C’est pourquoi quand je suis plus émotive disons, j’essaie de rester un peu dans le vague.
@Camille : Merci de me dire que je suis civilisée. J’essaie le plus possible. Je ne suis là pour blesser personne. Et j’ai cru remarquer que tu étais radicale. :-P Quant aux lecteurs moins prévenants, ça ne m’est arrivé qu’une fois. Il y a de ça un bon moment.
@Michel : Je ne sais pas si Camille te visait. Pas nécessairement et ça m’importe peu. Je n’ai pas de problème avec le commentaire qui a été placé. Toutefois, il reste vrai que si mes textes ne plaisent pas à quelqu’un, je lui suggèrerai d’aller voir ailleurs. Lire un blogue n’est pas passif. C’est un choix que tous et chacun ont. Je ne dis pas que je te dis cela. Je parle en général. Quant à mon titre, il donne le ton, mon ton.
@Chill-Vie : Je suis d’accord. En exposant, on s’expose. Et tant que c’est fait dans le respect, n’importe quoi de constructif comme commentaire sera reçu courtoisement.
@JacouLeCroquant : Que tu discrédites ton blogue, je veux bien. J’apprécierais toutefois qu’il n’y aie pas d’autres propos gratuits ou peu courtois envers qui que ce soit d’autre. Sans rancune. Et merci beaucoup du compliment.

L'impulsive montréalaise a dit…

@Mademoiselle K : Ahahahhaah ! Je ne crois pas que tu aies besoin de retourner à l’école. Et je crois que c’est surtout la façon utilisée, pleine de sacres, qui était visée.
@redbee2 : Effectivement, il faut accepter les conséquences. Toutefois, je ne permettrai pas de manque de respect ici. Et je ne considère pas que le commentaire mentionné en manquait. Suis-je d’accord avec le propos ? Non. Mais il se valait. Et m’a incité à cette réflexion. Ahahahahaha ! rançon de la gloire… :)
@Jane : Oui, c’est vrai qu’il ne faut pas accorder trop d’importance à un milieu un peu artificiel.
@Michel : Cette discussion-là est entre Jacou et toi. Ici, point final. Héhé !
@Luc Pierre : J’apprécie beaucoup le fait que tu ne limites pas ton commentaire au dernier commentaire que j’ai eu. Car je ne visais pas que ça. Je visais le trop loin au sens large. Et effectivement, ce qu’on trouve sur la blogosphère est parfois déplorable. Je l’ai déjà dit : je suis peu de blogues, presque pas, pour le talent. Souvent, il y a d’autres raisons : exemple certaines affinités. Il est vrai aussi que l’absence d’inhibitions incite certains à dépasser les bornes. Et va savoir pourquoi, c’est populaire auprès de la clientèle ! On aime le trop, le qui déborde. Par ailleurs, je ne me sens pas visée lorsque tu dis que certains en profitent pour sortir ici ce qu’ils ne sortent pas ailleurs. Je ne me sens pas visée, car le chapeau ne me fait pas. Je suis très expressive. Et je suis ici sensiblement comme dans la vie. Oui, j’ai une retenue dans la vie qui n’est pas la même. Mais je trouve toujours moyen de passer mes messages. Généralement du moins.
Réflexion : si tu méprises autant les blogues et le milieu, tu sembles pourtant apprécier y être et être populaire… Ce qui est bien de ça, c’est ce que je peux alors en déduire que tu aimes vraiment mon blogue pour les bonnes raisons et qu’il est de qualité. Flatteur. Héhé !
@Armande : J’aime bien votre comparaison avec les manifs. Il est vrai que pour certains, l’anonymat déclenche le moins bon en eux-mêmes. Ou du moins, libère quelque chose de difficilement contrôlable. Pour le reste, j’assume. Et je ne compte pas changer non plus. Oui, l’impulsivité fait partie de ce blogue (et de moi) et je dis ici ce que j’ai envie de dire. Toujours comme je dis dans le respect. Mais avec vivacité si je crois que le propos le mérite.
@Stéphane : Oui, le dernier droit est au lecteur. Je le laisse libre de choisir. J’aime ce que je fais ici, de mon bout de toile, mais je n’oblige personne à aimer.

Luc Pierre (dit le salaud) a dit…

@Impulsive
J'apprécie en effet que beaucoup de gens viennent faire un tour sur ma page, mais ce n'est pas tant la quantité de visiteurs que la quantité et surtout, la PERTINENCE des commentaires, qui me rendent joyeux. J'ai fait de mon blog un espace à débats. J'aime quand ça s'anime et que ça m'aide à (me) comprendre.
Ce qui fait que j'aime bien les blogs qui incitent à la réflexion. Comme tu peux le constater sur ton propre blog: si je commente, c'est pour tenter de réfléchir sur quelque chose, et non pour flatter les gens dans le sens du poil, ou pour leur dire qu'en effet, la confiture, c'est bon au goût. J'aime les discussions animées et passionnées, celles qui dérivent vers l'universel.
En ce sens, cela explique pourquoi je lis seulement six ou sept blogs dont le tient. Car parfois, surtout ces temps-ci, tu réussis à pondre des billets qui incitent à la réflexion, au débat, à la discussion. C'est ce que j'aime de la blogsphère. Le fait que nous pouvons philosopher en dehors d'un cadre scolaire avec nos expériences personnelles, et non avec des citations d'autres philosophes. Mais tout ça, malheureusement, je ne le retrouve pas dans beaucoup de blogs.

The Green Head a dit…

J'aime beaucoup Luc Pierre qui dit : ''On ressent tous une certaine forme de retenue lorsque nous sommes en face d'un être vivant. Eh bien, cette retenue-là, elle est saine. Elle est utile. Elle évite les débordements ridicules qu'on observe souvent sur la blogosphère.''

Ce que je comprends c'est aussi qu'en tant qu'individu nous sommes en période d'adaptation devant ces nouveaux médias sociaux. Il y a des excès, de l'anonymat, des choses dégoutant et aussi des merveilles qu'on aurait jamais pu découvrir sans la nouvelle technologie.

Mais pour en revenir à la liberté d'expression. Si on écrit, faut s'attendre à se faire répondre. Un peu comme on parle beaucoup et plus fort, ça fait réagir les gens. Sur la blogosphère, les gens qui parle beaucoup et plus fort c'est les gens qui écrivent beaucoup, qui sont connecté avec leur lectorat et parler fort se traduit pour moi, par amené des sujets qui amène des débats, des réflexions.

C'est pas tout le monde dans la vrai vie qui est fait pour aller dans une soirée de débat et faire ça avec bon goût. Même chose sur la blogsphère, y'a du monde mal engeulé.

Moi je te l'ai déjà dit : J'adore ce que je trouve ici et régulièrement !

L'impulsive montréalaise a dit…

@Luc Pierre : Il est vrai que beaucoup de blogues consistent en une exposition de nombril assez stérile... Ici, même quand je parle de moi assez intimement, j'essaie d'y inclure une réflexion plus large ou une portée plus universelle. Et je crois que ça marche bien. Et j'aime aussi ces réflexions plus poussées que ça me permet d'avoir. Merci du compliment.
@Green Head : C'est vrai que ça doit être une genre d'adaptation au phénomène. Souvent, je trouve que la blogosphère se compare à la téléréalité. Les gens la renie en bloc, mais je ne crois pas que ce ne soit que du mauvais. C'est juste que ça ne vole pas très haut en général, mais parfois on peut en tirer beaucoup de bien. Et même de l'intelligent. Et effectivement, dans un débat, ce n'est pas tout le monde qui a de la classe ! Comme dans la vie !
Merci ma chère pour la gentillesse !