mercredi 9 juin 2010

Sens unique

Je déteste les sentiments non rendus. Ce sont des cadavres qui ne devraient jamais exister. Des choses lourdes et mortes en soi qui prennent trop de place. Et même si ce sont des cadavres, ce n'est pas tout à fait mort. Ça frétille, ça remue, ça veut vivre.

Un sourire de sa part et c'est réanimé.
Ça bouge dans mes intestions, ça s'enroule autour de mon coeur.

Un geste de sa part et je demande grâce.

La proximité de son corps est comme un lent supplice. Ça donne une vie propre à mes mains. Qui veulent faire ce qu'elles veulent et non ce qu'elles peuvent. Son souffle est une torture dont j'ai encore la mémoire dans les oreilles et dans les yeux. Sa poitrine qui se soulève doucement. Son coeur qui bat. Le baiser qui approche. Je ne me souviens pas des odeurs. Je me souviens des souffles. Le souffle de sa vie. Qui s'est joint un peu au miens. Dans un moment si bref qu'il n'a duré qu'un temps de sablier dans la durée de mon existence.

Les sentiments non rendus, même si on a réussit à les tuer, restent des boulets au fond de notre estomac. Pour les jours gris au moins. Les jours ensoleillés, c'est inexistant, disparu. Mais quand il pleut un peu au fond de notre âme, on les ressort ces cadavres-là. Et on se saoule de nos souvenirs comme d'un alcool fort qui donne mal à la tête.

Les sentiments non rendus, j'aimerais ne plus en avoir. J'ai assez appris leur nocivité.

3 commentaires:

Jane a dit…

C'est triste de ce sentir comme ça :(
Même si j'ai vécue cela, je ne sais pas plus quoi te dire pour t'encourager mais j'avais envie de te dire que je t'ai lu.
Attention à toi
xoxo

Marie a dit…

C'est fou ce que la pluie peut faire ressortir en nous, la nostalgie et la tristesse que l'on croyait derrière nous bien souvent. Hang in there.

L'impulsive montréalaise a dit…

@Jane : Très gentil Jane. En fait, je te dirais que c'est une vieille histoire.... mais qui me travaille un peu ces temps-ci. Par solitude et par fatigue. Les vacances me feront du bien.
@Marie : Ouaip, d'accord avec toi. Ou juste le fait d'aller moins bien. C'est parfois trop facile d'accès nos vieux fantômes... pas si vieux au fond !