jeudi 25 mars 2010

Mon enfance

Je viens de lire un truc.

Et j'ai comme un parfum d'enfance qui me remonte à la gorge. Des larmes au bord des paupières.

Ce n'est pas aujourd'hui. J'ai passé une belle semaine. Mais je suis malade (encore des antibiotiques) et fatiguée.

Et j'ai lu ça.

J'ai eu des tonnes d'images qui m'ont déboulé dans la tête. Mon enfance. Un petit vidéo récapitulatif. Fast-forward de flash-back.

Mon enfance, si j'y pense, je l'ai encore dans la gorge. Je n'étais pas heureuse. Le bonheur n'a jamais été un inné pour moi. Plutôt un acquis gagné à coup de batailles épiques. Un acquis en équilibre précaire.

Mon enfance, ça a été... Je ne sais pas comment le dire. Comment le qualifier. Je pourrais vous faire pleurer des larmes de sang probablement si je laissais aller un peu mes doigts sur le clavier sans penser.

Les enfants sont cruels.

Rappelez-vous la fillette à l'air triste et revêche. Celle qui avait des bonnes notes à l'école. L'avant-dernière à être choisie en éduc. Celle qui ne se sentait pas aimée. Mais ça, vous ne pouvez pas vous en rappeler. Parce que vous ne l'avez jamais su...

Les blessures d'enfance sont des squelettes de placard. Des apprentissages qui collent à la peau, aux os, aux espoirs. Du goudron qui écrasent les ailes.

Il n'y a même pas besoin de misère profonde. Il suffit d'un tempérament mélancolique. De quelques enfants méchants. Des moqueries. De la solitude. Un cour d'école trop grande pour arriver à se faire des amis et trop petite pour se cacher de ses ennemis. Des rires sans joie, juste pour ridiculiser l'autre. Quelques regards aussi. De pitié. En 5e année, ce regard de celui que j'aimais qui avait l'air d'avoir compris un peu. J'ai 29 ans et je me souviens d'un regard que j'ai eu au primaire. Comme quoi certains souvenirs sont gravés. Et j'en ai plein des trucs comme ça. Des souvenances aussi précises que la vie réelle. Que ce que j'ai fait hier.

Il est difficile de se défaire de ces choses-là. On vit avec. Des petites cicatrices comme tout le monde en a. Elles ne sont pas toutes identiques. Ne viennent pas toutes des mêmes évènements. Mais des écorchures, on en a tous.

7 commentaires:

Miss Flower a dit…

Comme je te comprends... c'était juste différent dans mon cas. J'ai écrit quelque chose la dessus il y a quelque temps.

Oui des squelettes dans le placard. Le lendemain après avoir écrit mon texte j'étais à l'envers comme quoi les émotions sont bien enfouies parfois.

Evyzamora a dit…

Je venais tous juste de le lire aussi..... Ça laisse des marques et tu te refais une personnalité, une vie quoi, à travers celles-ci... Parfois juste une facade parce que ça saigne encore en dedant......

Sednah a dit…

On arrive à passer à autre chose tu sais...
Je ne suis pas une adepte du "lâcher prise", mais j'y suis arrivée quand même.
J'étais pas l'avant dernière...j'étais vraiment la dernière.

C'est vrai ce que dit Evyzamora...ça laisse des marques, mais ça fait grandir aussi. On arrive à pardonner à certains et pas à d'autres. Éventuellement, tu devras laisser ça derrière toi parce que ça va t'empêcher d'avancer.

Juju a dit…

Je dirai comme Sednah, on arrive à passer à autre chose, mais ça peut prendre du temps.

Les blessures psychologiques sont, à mon avis, beaucoup plus marquantes que des blessures physiques. C'est difficile de s'en débarasser en criant ciseau. Elles restent gravées dans notre mémoire longtemps et il faut vivre avec. Elles nous font aussi grandir.

J'ai appris à ne plus juger les autres grâce aux adolescents et adolescentes qui m'ont fait le même coup lors de mes deux premières années du secondaire (privée)... Conclusion, changement d'école, pour aller au public, avec la mentalité que je ne me ferais plus marcher sur les pieds aussi facilement. Ça marché en partie, mais il me reste encore du travail à faire.

En tout cas, continue à avancer et laisse ces démons derrière toi et apprend à les apprivoiser.

Sur ce, je te souhaite une bonne journée!

Tattoo a dit…

Alors, je comprends mieux maintenant les points de suspension que t'as laissés pour seul commentaire à mon billet, auquel tu réfères ici.

Je reste étonné de voir à quel point ce billet à touché mes lectrices. T'es pas la première qui me demande comment j'ai fait pour entrer dans sa tête. Je reçois beaucoup de courriels perso par rapport à ce billet, comme si on n'osait pas discuter de ça dans les commentaires que tout le monde peut lire, comme s'il y avait des trucs trop durs à assumer, comme si j'avais frotté des vieilles blessures, créé à la fois un malaise et un rapprochement.

L'enfance n'est pas pour tous une période dorée et bénie. Et l'adolescence peut être pour certains davantage qu'un simple âge ingrat.

Allez, prends soin de toi, chère. À +

Camille a dit…

L'enfance.. ahhhhhhhh! Période que je voudrais revivre pour rien au monde.. du moins la partie cour d'école. Plus rejet que je l'étais, c'était la mort!! Heureusement pour contrebalancer, j'ai eu l'enfance la plus heureuse du monde à la maison. Mais dehors de la maison c'était l'enfer. C'est vrai que ça marque longtemps, mais en même temps ces épreuves là font ce que nous sommes aujourd'hui. Dans mon cas, mes forces je les tire pratiquement toutes de ces moments difficiles. J'espère que tu pourras toi aussi tirer du positif de ces mauvais souvenirs. Bisous ma chère xxx

L'impulsive montréalaise a dit…

@Miss Flower : Je te dirais que j'ai appris à vivre avec... Je ne suis pas une pro de "l'enfouissement". Je dis souvent que la tristesse et les mauvaises pensées ne sont pas assez précieuses pour qu'on les garde comme un trésor au fond de soi.
@Evyzamora : Je ne sais pas si ça saigne encore en dedans. Mais je sais qu'on est tous la somme de nos cicatrices et de nos expériences.
@Sednah : N'aie crainte. C'est derrière moi. Mais c'est comme je disais à Evyzamora : ça fait partie de soi tout ce qu'on a vécu, c'est qui on est. En partie. Je ne suis plus dans la rancoeur.
@Juju : T'inquiète, mes démons sont apprivoisés au point qu'on fait parfois la fête ensemble ! Et c'est clair que ça m'a fait grandir. Comme tout ce qui est difficile dans la vie et qu'on doit surmonter.
@Tattoo : Héhé ! Je devais laisser trace de mon passage après cette lecture-là. Mais je n'avais pas les mots. Et après il y en avait trop. Ce n'est donc pas parce que je ne voulais pas en parler publiquement. Mais en même temps, c'est bien vrai qu'il y a des choses qu'on se retient de dire. Un jour peut-être... L'important, c'est de les avoir dit quelque part... pas obligatoirement sur la blogosphère.
Merci.
@Camille : C'est fou comme quand on aborde ce sujet, on s'aperçoit que bien des gens ont vécu du rejet intensément dans leur enfance/adolescente... Et oui, le positif est tiré. Comme dans chaque chose négative. Ce qui m'a le plus fait avancer dans ma vie, c'est ma dépression. Donc je crois que tout le négatif est là pour quelque chose. Mais ça n'empêche pas que parfois, on aimerait être un peu épargnée...