lundi 11 avril 2011

Flottement

Ce soir, je suis allée au studio littéraire à la Place-des-Arts. Benoit qui lisait Serge. Google pour ceux qui ne connaissent pas.

Je commence par le studio, mais en fait, je devrais commencer par mon souper. J'ai sorti un écrit des boules à mites comme on dit. Je ne m'en suis pas cachée. Dernièrement, l'écriture format long ne m'était pas facile. Ni même possible en fait. Manque de concentration et de regard global. Mais là, en soupant seule, en attente du studio, j'ai relu le début de mon deuxième projet de roman. Projet mis en branle, mais pas très avancé.

Vous dire le plaisir que j'ai eu. L'envie. Le sentiment d'être embêtée parce que putain, mon personnage était sur son sofa. Et pendant 5 minutes, 10, il vedgeait sur son sofa et il ne se passait rien dans sa vie. Le problème avec mon écriture, c'est que quand l'évènement se produit fictivement, l'écriture déborde. Mais bon, pour qu'un évènement se produise fictivement, faut que ce soit comme dans la vie : faut attendre que ça arrive ! Je peux bien penser. Avoir des idées. Mais tant que ça déclique pas, mes idées vont à la poubelle. Anyway, tout ça pour dire que j'ai bien aimé regarder mon personnage sur son sofa.

Ensuite, je suis allée au studio. Si j'ai apprécié ? Vraiment, vraiment, vraiment beaucoup. Qu'un acteur te donne envie de rire, de pleurer, te fasse frissonner, te cloue sur ta chaise juste en lisant un texte, c'est grisant. Bien entendu, ça aide que le texte soit bon. Excellent même je dirais. Un univers défini, imagé dans lequel on pouvait facilement s'inscruster sur la pointe des pieds comme si on était des témoins réels des évènements.

Je suis sortie de là gonflée à bloc. Expression laide pour décrire quelque chose de bien beau. J'avais l'impression d'être ailleurs. Dans un univers à part. Je marchais sur la rue et j'avais plutôt l'impression que j'y planais. Le vent me frôlait et c'était comme une caresse sensuelle qui éveillait tout mon corps et l'enveloppait. C'était étrange, enlevant. Je suis sortie de là avec l'envie d'écrire. De porter mes projets d'écriture jusqu'à leur aboutissement. Bon, pas ce soir, mais en général, je veux dire. Envie d'écrire du théâtre aussi. C'est une envie que j'ai développé lors de mon certificat en création littéraire. Dans mes écrits, je mets peu de dialogues. Pourtant, j'ai toujours de très bons commentaires. Comme quoi je suis douée pour le parler. Même chose pendant le cours-atelier. Alors depuis c'est un projet que je caresse vaguement. Qui me tente réellement. J'attends juste l'idée qui pourrait me porter. Et puis bon, ce n'est pas comme si je n'avais pas d'autres projets en cours.

Après, en entrant dans le métro, j'ai eu l'impression de retomber sur terre. Presque désagréable. Pas presque en fait. J'étais debout devant la porte et je me suis mise à observer mon reflet. J'avais une expression sereine, des yeux souriants, mes cheveux encadraient mon visage bien joliement. Je me trouvais mignonne.

En arrivant chez moi, un chèque m'attendait. Puis la concierge avait ramassé un colis pour moi. Elle m'a dit que ma coiffure était jolie. Je lui ai répondu que c'était le vent. Mes cheveux impressionnent souvent par leur épaisseur et parce qu'ils sont très frisés. Et étrangement, c'est toujours quand j'ai l'air ploguée sur le 220 qu'ils récoltent le plus de compliments.

Je sais pas pour vous. Mais moi, j'ai passé une belle soirée.

7 commentaires:

conciliabule a dit…

Ça fait du bien de lire de quoi de positif. Heureux que tu ais apprécier ta pièce et que l'on trouve ta chevelure belle. J'aimerais bien te le confirmer, mais je ne l'ai, malheureusement, pas vu.

Grimimi Sue a dit…

Enfin, le bonheur te transporte et tu vas bientôt retrouver ta plume bavarde qui était en pause.
Ton entrain me réjouit.
Mille doux et tendres petits bisous.

Lucille a dit…

En frais de conceils, je suis pas très alllumée - puisque je commence dsna le milieu de l'écriture - mais ce qui fonctionne avec moi : je m'assois devant mon ordi et j'écris. J'écris ou j'attends que l'idée vienne, mais je fais le geste d'être sur place, prête à la saisir. Et on dirait que mon cerveau connait l'environement que j'ai conçu pour écrire, les idées viennent toujours. Et je me rends compte que moins j'écris, moins j'ai d'idées pour écrire.

Contente aussi que tu aies passé une belle soirée.

Petite libellule a dit…

C'est beau de te lire. Garde cette belle vibe!

The Green Head a dit…

Yé, l'impulsive remplie d'enthousiasme ! Allez à go on écrit ! :)

Jeff a dit…

C'est bizarre comme l'inspiration qui était alors en panne, peut revenir aussi vite. Ça aide de se changer les idées... :)

L'impulsive montréalaise a dit…

@conciliabule : J'espère que tu parles en général quand tu dis que c'est le fun de lire du positif. J'pense je suis pas si mal ces temps-ci. ;) Quant à la chevelure, ça dépend des gens !
@Grimimi : Oui, on verra bien pour la plume bavarde. L'envie revient plus à tout le moins. Et ça fait du bien de retrouver un peu d'énergie et d'élan j'avoue.
@Lucille : Oui, j'avoue que si je m'installais plus souvent pour écrire, j'écrirais plus. Clairement. C'est l'énergie qui est pas toujours là. Mais ça s'améliore. Et puis, faut quand même que le temps passe fictivement aussi ! Ahahaahah !
@Petite libellule : Merci ! :) Je vais essayer. Si le printemps peut s'installer pour vrai avec de belles journées ensoleillées, ce sera plus facile.
@Green Head : Ahahahahaha ! Oui, me faudrait un peu plus de temps aussi ! Soupir. Héhé !
@Jeff : Se changer les idées et se laisser inspirer par ce qu'on voit. Et l'inspiration c'est capricieux. Et puis parfois, ce n'est pas que l'inspiration, c'est autre.