lundi 25 juillet 2011

Mes douleurs

Il m'arrive parfois de penser à mes douleurs. De me les ressasser en litanie. D'ouvrir le placard pour me faire un peu mal. Derrière la porte, ces gens qui m'ont blessée. Par méchanceté, parce que je leur ai donné permission.

La vie ne pardonne pas à ceux qui veulent mal. Et moi, je veux si mal. Avec l'énergie du désespoir. Tout le vouloir du monde.

J'ai le coeur un peu plus meurtri qu'avant. Un peu moins vaillant. Et pourtant encore intact en un certain sens. Je ne sais pas où je me dirige avec un tel coeur.

La nuit me pèse. Certaines choses refont surface. Du passé si vieux, du passé plus récent. Une armée de souffrances qui défile devant mes yeux. Et je les regarde passer, la pierre au ventre. Mes cailloux ont grandi. Pour n'en former qu'un seul, grand et compact. Parfois, j'en digère quelques morceaux. D'autres fois, j'avale de travers.

J'ignore où je m'en vais. Je cherche. La vérité profonde. L'essentiel. Me dépouiller des artifices.

Il m'arrive parfois de ressasser mes douleurs. Le compte est difficile à accepter.

8 commentaires:

Accent Grave a dit…

Ceux qui font le mal sont eux-mêmes malheureux, faut pas leur en vouloir. Faut apprendre, élecver certaines défenses et en même temps il faut évacuer la rancoeur, ça empêche de dormir.

Facile à dire. Et puis, il y aussi le mal qu'on a pu faire aux autres ou à soi-même. Il faut aussi se pardonner de cela.

Accent Grave

Petite libellule a dit…

Câlin... Pourquoi ne pas regarder vers l'avant et profiter de l'air d'été, tout léger, tout léger... Visualise que tu largues ta grosse roche dans un profond ravin et avec fracas. Délestée de ce poids, tu pourras t'envoler comme un magnifique papillon...xxx

Michèle a dit…

J'aime le commentaire de petite libellule...

Rien de pire aussi que des nuits blanches pour nous faire revivre des moments plus difficiles.

Bonne chance à toi. Il faudrait dynamiter cette grosse roche en toi.

Viv a dit…

On a beau se répéter que c'est du passé et qu'on a passé au travers de ces douleurs-là, la cicatrice reste quand même. J'aimerais être capable de te donner le truc pour t'en débarrasser définitivement, mais je le cherche moi-même, quand je fixe le plafond pendant mes nuits d'insomnie. La seule consolation que je trouve à ce moment-là, c'est de me dire que je vaux bien mieux que ces gens qui m'ont blessé, parce que je ne les ai pas blessé en retour.

Le monde selon Jeff a dit…

Je ne sais pas quoi écrire ici sauf que je comprends ce que tu vies. Du moins, en partie.

J'ignore la façon de me débarrasser de la mienne et je suppose que c'est pareil pour bien des gens.

Ma douleur est moi, c'est ma culpabilité et je crois qu'elle va me suivre pour le reste de mes jours.

Tu sais, quand il s'agit de tes enfants, cette douleur-là ne disparaît pas aussi facilement. Ça peut prendre toute une vie...

Quelquepart a dit…

Oh que je comprends... Ces longues nuits à sentir le poids d'un pierre ou de plusieurs que l'on croyait parties. Petit à petit elles partent, mais il faut que tu aies le courage de les regarder en face, et de les briser une à une, quitte à demander de l'aide au besoin. Bon courage, dis-toi au moins qu'on est là, qu'on te lit, et que nous sommes plusieurs à comprendre ce que tu vis.

Anonyme a dit…

Assez plate merci, quand des pensées ou des souvenirs pas le fun nous assaillent pendant la nuit...

Quand le hamster dans ma tête se met à tourner un peu trop vite dans sa petite roue, je me lève et lis un peu. En général, ça aide à le calmer. Aussi, avoir des pensées impures ou écouter quelque chose qui me fait rire avant d'aller au lit m'aide à endormir le hamster.

En espérant que ça puisse aider un peu...

Un autre Bob

L'impulsive montréalaise a dit…

@Accent Grave : Ce n'est pas de la rancoeur. Je ne suis pas une personne très rancunière. C'est plutôt de la mémoire de la douleur. Et ça me rend triste de me rappeler de certaines choses. Se pardonner à soi-même est parfois plus difficile. Nos petits péchés peuvent nous hanter longtemps.
@Petite Libellule : Oh ! je profite de l'été ! Et puis, je suis très focusée sur un projet que j'ai entrepris. En fait, je suis plutôt en forme en général ces temps-ci ! Mais bon, on a tous des petits moments de faiblesse.
@Michèle : C'est une grande sage ! :) Mais oui, les nuits blanches sont souvent noires. Et la douleur, bien qu'elle revienne, ne reste pas constamment et ne dicte pas ma vie.
@Viv : Oui, c'est du passé. Et ça passe. La douleur change, évolue, n'est plus la même. Mais parfois, on y revient. Pour se rappeler. Pour ne pas oublier. Pour continuer à évoluer.
@Jeff : Je ne crois pas que les douleurs restent toute la vie. Du moins, pas comme elles étaient initialement. Et puis, quand je regarde le chemin que j'ai fait, je m'aperçois que j'ai apprivoisé bien des douleurs de mon passé. Il te reste à trouver ton chemin à toi. Tout se fait... pourvu qu'on décide de le faire. Parfois, c'est long, lent, mais l'important, c'est d'aller dans la bonne direction.
@Quelque part : Oui, on se pense débarasser. Mais on voit qu'il y a toujours un certain fond résiduel. Ce n'est pas mal. Ça nous a permis d'évoluer. Mais les soirs d'insomnie, on s'en passerait bien. Et oui, c'est bien de pouvoir partager tous ensemble, de sentir notre lien en quelque sorte.
@Autre Bob : Oui, plate, c'est le mot. Angoissant aussi. Je fais aussi comme toi en fait. Il m'arrive souvent de me réveiller la nuit et de lire. Comme ça, je réussis à calmer mes pensées qui vont dans tous les sens. Ça aide beaucoup la lecture.