lundi 2 mai 2011

Oui, j'existe

Parfois, je ne sais pas trop comment dire les choses. Je voudrais les dire, mais j'ai l'impression que si je le fais, je serai maladroite. J'aurai l'air de reprocher, de pogner les nerfs. Oui, il y a peut-être un reproche. Mais surtout une déception. Un manque de compréhension.

J'ai de la difficulté à dire que j'existe. Car, oui, j'existe.

Sauf qu'en société, trop souvent, on s'aperçoit qu'on n'existe pas. Je peux comprendre que parfois, on a le nombril à vif. On ramène tout à soi. On se centre sur son nombril. Parce qu'on souffre beaucoup. Parce qu'on vit une grande joie. Parce qu'on a un sujet qui nous préoccupe. Parce qu'on a un projet qui nous emballe. Ça arrive. Pourtant. Hors de ça. Quand tout ça n'est pas là. Ou quand tout ça a été dit. Qu'est-ce que ça nous coûterait de regarder l'autre et de juste lui demander comment il va ? Et d'écouter vraiment sa réponse et de lui demander pourquoi ? De lui demander comment ça se fait qu'il se sent comme ça ?

Je joue souvent à ce jeu-là. Je me dis, si cette personne, n'importe laquelle, ne m'envoie qu'un signe, un seul, je vais lui dire ça, lui parler de ceci, lui confier ce truc. Si vous saviez le nombre de fois où j'ai perdu mon pari...

Même quand j'ai le nombril à vif, je pose, je cherche, je fouille. Je m'intéresse à l'humain en face de moi. Pourquoi ce n'est pas la même chose pour les autres ? Est-ce parce qu'on les intéresse moins ? Est-ce parce qu'ils s'en foutent ? Est-ce qu'ils ne le remarquent tout simplement pas ?

Oui, j'existe. Mais j'ai parfois des doutes...

4 commentaires:

Viv a dit…

Alors je dirai simplement: comment vas-tu?

Josie a dit…

S'intéresser aux autres est difficile et c'est pas in en plus. Tu sais, tout à coup qu'on saurait pas quoi dire. Et si l'autre s'intéresse à son tour à nous, on fait quoi? On ne peut pas s'ouvrir comme ça...

L'ouverture vers les autres, Martine, ne perds pas ça. C'est tellement une qualité inestimable!

Accent Grave a dit…

Les autres ne font tout simplement pas partie de notre champs d'intérêt. L'individualisme c'est ça.

On se pose ces questions là quand ça va mal mais quand ça bien, qu'on est occupé, qu'on a plein de projet, s'inquiète-t-on de ces choses ? Non, bien sûr. C'est la norme actuelle.

Y'a des tas de gens avec lesquels je bosse depuis des années et qui ignorent tout de moi, si j'ai des enfants, où j'habite... etc. J'avoue que de mon côté, y'a bien des gens qui sont près de moi et que je ne connais pas non plus.

Toutefois, cette maladie répand jusqu'à chez nos proches, notre famille, nos enfants, nos conjoints. J'avoue que là, ça dépasse les bornes, il faut alors changer les choses que l'on peut changer autour de soi... sans se surprendre que les autres n'en fassent pas autant.

Que vous parliez de cela est particulier, ça dénote quelque chose, une humanité certaine! C'est tout à votre honneur.

Accent Grave

L'impulsive montréalaise a dit…

@Viv : Disons que j'ai déjà été mieux. Mais j'essaie fort de prendre soin de moi. Disons aussi que la tête m'arrête peu. Mais j'essaie de lui changer les idées.
@Josie : Oh ! je ne risque pas de perdre ça... C'est un talent que j'ai. Faire parler les gens. Parce que ça m'intéresse. Parce que j'aime l'humain. Mais je vois bien que ce n'est pas très répandu !
@Accent Grave : Pourtant, il me semble que l'individualisme doit avoir certaines limites. Il faut savoir sortir de notre bulle. C'est beau dehors, c'est inspirant ! Mais quan j'y pense, c'est vrai que j'en connais beaucoup plus sur les autres en général qu'ils n'en connaissent sur moi. Parfois même, je suis tellement surprise quand on s'intéresse à moi que je ne sais plus trop quoi dire. Je suis habituée à l'inverse. À être celle qui s'intéresse. Une humanité certaine... Quel joli compliment. Merci. Beaucoup.