mercredi 25 avril 2012

Moi, l'argent, la vie

Parfois, je m'amuse à compter combien il me faudrait pour changer de vie. Combien monétairement s'entend. Bon, je dis que je m'amuse, mais plutôt, je me désespère. Pourtant, je n'aurais pas besoin d'une fortune. Je ne cherche pas le million. Tout au plus, je me dis que 25 000$ qui tomberait du ciel me permettraient bien des choses.

Quand je dis changer ma vie, je pense beaucoup à des études. J'ai fait un certificat en création littéraire il y a quelques années et j'ai adoré. Je ne veux pas étudier de nouveau dans ce domaine, mais j'ai d'autres domaines qui m'intéresseraient. Mais je ne sais trop comment je pourrais m'en tirer financièrement. Je n'ai pas envie d'aller sur les prêts et bourses et en sortir avec des dizaines de milliers de dettes. Je pourrais faire le tout à temps partiel. Mais ce qui m'intéresse le plus me demanderait probablement 10 ans. 10 ans, c'est long. Mille choses ont le temps de changer d'ici là. Commencer en se disant qu'on ne sait pas si on va finir ?

Économiser les 25 000$ me dites-vous. Oh ! possible. Mais peu réaliste. Du moins à court terme. J'en aurais pour un bon moment. Vivre seule à Montréal avec  un salaire bien, mais sans plus, ça laisse peu de place pour l'économie. Ça et une manie de la dépense compulsive. Et une envie de voyager. Et de profiter de la vie.

Je ne dis pas qu'il n'y a pas de solutions. Mais elles me semblent toutes compliquées, ardues ou trop étendues dans le temps. Je ne dis pas non plus que ce qu'on veut doit se réaliser en claquant des doigts. Rien de ce qui vaut la peine n'est facile semble-t-il. Mais honnêtement, aucune option actuelle ne me semble acceptable en rapport avec le niveau de stress et d'angoisse que ça pourrait amener.

Parfois, j'en viens à détester l'argent. Il nuit à tant de choses. J'en suis à lire ce livre : The Man Who Quit Money. Je ne pourrais dire si je le recommande puisque je ne suis pas avancée dans ma lecture. Mais ça fait réfléchir. C'est l'histoire d'un homme qui vit sans argent depuis une douzaine d'années. Sans en gagner, sans en recevoir, sans en dépenser, sans en avoir. Oh ! je ne le ferais jamais. C'est clair dans ma tête. Mais je réfléchis. Sur la place de l'argent dans nos vies. Sur l'esclavagisme que ça nous impose parfois. Sur les effets pernicieux.

Qui seriez-vous si vous auriez plus d'argent ? Et ce n'est pas une question de richesse et de millions. Disons de ce qu'il faut pour vivre une belle vie et s'accomplir dans la mesure où on a envie de s'accomplir. Disons juste pour ne pas bloquer des rêves somme toute ordinaires. Serait-on tous les mêmes personnes avec les mêmes vies ?

11 commentaires:

djali a dit…

Je serais moi. Je fais déjà les "sacrifices" nécessaires pour avoir l'argent dont j'ai besoin, je fais minimum un voyage par année, ce qui est plus que mon objectif en finissant l'université, je ne manque de rien, je peux me permettre des sorties à peu près quand je veux. Je roule pas sur l'or, mais j'ai ce qu'il me fait. Un peu plus d'argent, ça fait toujours du bien, c'est certain.

Avoir assez d'argent pour faire ce que je veux de ma vie, je ferais de la photo tout le temps, et je deviendrais conférencière pour les Grands Explos. Mais d'ici à ma (très très lointaine) retraite, je me contente très bien de la vie que j'ai :)

Grand-Langue a dit…

Moi qui ai beaucoup d'argent, je me demande parfois ce que je je ferais de plus si j'en avais moins.

On m'a dit: donnes m'en, tu verras bien. C'est ce que j'ai fait mais peu de temps après, je me suis retrouvé avec encore plus d'argent. La richesse c'est comme la pauvreté, ça te colle à la peau, malgré toi.

Vous n'avez pas vraiment dit ce que vous feriez avec ce 25,000$.

Grand-Langue

Ellora a dit…

Il est difficile d'avoir des envies et de ne pas pouvoir les réaliser, surtout quand il s'agit de changements majeurs.

Avec de l'argent, je me sentirais moins coupable :
je paierais mes dettes d'études pour un diplôme qui ne me sert pas,
j'aiderais Chéri à payer les frais qu'il assume (c'est à dire tout),
je gâterais un peu mon entourage.

Et j'adopterais enfin un bébé...

Laluna a dit…

Ah l'argent!
Moi je pense à m'exiler là où ça prend moins d'$ pour vivre.
Très loin en campagne ou faire comme Bruno Blanchet et aller voir ailleurs si j'y suis!
Je rêve d'études juste pour le plaisir, de voyages afin de rencontrer des gens.
À la place je nourris des adolescents avides et affamés. De bouffe, de cultures et d'études...
Je me dis que c'est ma façon à moi de passer aux suivants.
Je pense à ma grand-mère et ses 18 enfants... Et je me dis qu'elle devait rêver qu'ils aient plus qu'elle-même comme chance... Ce qu'ils ont eu. alors j'essaie de ne pas trop m'en faire, en souhaitant que mes enfants ou les enfants de mes enfants, aient eux... le même "problème" que Grand-Langue... que ça leur colle assez sur la peau, pour qu'ils aient tous les choix!
En attendant... Je lis des blogs, je souris, travailler et moi aussi me désespère un peu!!!!

Éphémère a dit…

Si j'avais seulement 10 000$ je pourrais vivre. Je pourrais changer d'emploi pour un emploi que j'aime plus (que je peux pas faire maintenant car ici mon emploi est assuré et je dois faire un certain montant d'argent ce qu'un autre emploi ne pourrais me garantir..), je pourrais dormir la nuit sans me tracasser la tête à me demander ce que je peux faire pour m'en sortir. Je pourrais m'acheter un livre à 20$. Je pourrais manger ce qui me plaît (un fromage à 5$ ne cadre pas dans le minuscule budget de bouffe que j'ai) Je pourrais aller au cinéma et non me faire inviter parce que je fais pitier.. je pourrais sortir avec mes amies et non annuler pour milles et unes raisons... Mais comme j'ai aucune idée comment avoir cet argent là je dois continuer à dilapider mon salaire dans tous les trucs à payer (loyer, comptes, dettes, nourritures ) et ne pas voir la couleur de ce que je gagne dure... L'argent ne fait peut-être pas le bonheur mais au moins ça aide à dormir ...

Anonyme a dit…

Oui, on peut s'en passer (de l'argent), et apprendre à se satisfaire de ce qu'on a; par nécessité, on le fait; quitte à faire pitié comme dit plus haut parce que le sigle de vos vêtements n'est pas celui qui est à la mode, ou n'est pas tout court, par exemple.
Mais avec bcp plus, moi j'achèterais.. ma liberté! Dire m... à ceux qui me font souffrir, faire passer mes envies avant celles des autres, partir, et leur faire comprendre que s'il veulent ma compagnie, ils devront la mériter, presque me supplier, faire le siège devant chez moi, me demander pardon pour le mal qu'ils m'ont fait... Je crois qu'il faudrait ce coup d'éclat pour qu'ils réalisent qu'ils ne suffit pas juste d'être là, à coté, mais être AVEC moi, avec des égards, un minimum...
Mais 19220 euros environ, (j'ai converti) ça ne suffirait pas. Alors je me contente de faire une colère de temps en temps, ou de partir que qques heures ou qques jours...
Suis pas assez courageuse pour renoncer à un minimum de sécurité...
Désolée, mais ça m'a fait du bien de le dire.
La perche était trop tentante à saisir.
N.

Yuan a dit…

Un ancien confrère disait souvent "L'argent est un excellent serviteur mais un très mauvais maïtre".
Le pire est que c'était lui même un c***ss de cheap.
Yuan

Viv a dit…

Avoir plus d'argent, je me suis déjà dit que je ne travaillerais pas. Sauf que j'ai passé tellement de temps à rester chez moi en espérant me remettre à vivre un jour qu'aujourd'hui, même en gagnant le million supposons, je me trouverais un petit travail intéressant et stimulant, histoire de ne pas m'enfermer entre 4 murs. Mais en tant que personne, je ne pense pas que d'avoir plus d'argent changerait quelque chose...

Kalte a dit…

J'ai plus d'argent depuis ma promotion. En fait, j'ai grimpé de 15 000 $ d'un seul coup. Augmentation non-prévue...on est venu m'offrir cette promo sur un plateau. Je gagne donc plus mais je n'ai pourtant pas un sous de plus...comment expliquer ça? J'ai élevé mon niveau de vie proportionnellement à mon salaire. Je m'habille maintenant en veston (j'ai dû refaire ma garde-robe au complet), je ne surveille plus le prix de l'essence, je ne me fais plus de lunch (je n'ai plus le temps), j'ai payé mon traitement esthétique dentaire d'un seul coup alors que j'avais prévu le payer sur une année...bref... je ne suis pas plus riche qu'avant, je dépense seulement plus mon argent plus vite.

Je terminerais en disant que la richesse, c'est relatif à chacun. Y'a 12 ans, jme trouvais riche de gagner 18 000 $ l'an car l'année précédente, j'en gagnais 12 000 $. L'idée, c'est d'être capable de vivre en ne manquant de rien et en étant capable de se payer de petits plaisirs de temps à autre. Voilà.

Petite libellule a dit…

Parfois, j'aimerais avoir plus d'argent, pour voyager sans aucun doute. D'autres fois, je me dis que la vie est faite de choix, et que J'AI (nous avons) choisi d'avoir une belle grande maison, une piscine, un spa et un grand terrain pour nous et les enfants plutôt que de voyager - pour le moment. Et puis on a tout ce qu'il faut : bouffe à profusion, du budget pour faire plein de petites activités et profiter de nos enfants qui grandissent en beauté. Quoi demander de plus finalement? Les voyages, ça viendra bien plus tard.

L'impulsive montréalaise a dit…

@Tous : Une fois n'est pas coutume, je me permets une réponse commune. Sinon j'en aurais bien pour 10 pages à vous répondre tous et toutes. Vos réflexions m'en ont amené d'autres, m'ont fait sourire ou moins. Je m'aperçois que j'ai touché là à quelque chose de très sensible. Et ce très sensible, ce n'est pas l'argent je crois. Mais plutôt la vie qu'on veut mener. Et ça, ça touche au plus profond de nous.
Puisqu'on me pose une question (Grand Langue) : c'est comme je l'expliquais dans mon texte. Je voudrais refaire des études. Du moins, changer de domaine de travail. Et je ne peux pas me le permettre à temps plein. À moins d'accumuler des milliers et des milliers de dettes. Ce qui serait un immense stress pour moi, et qui durerait longtemps. Je me sens donc un peu prise par ce manque d'argent. Ce n'est pas pour le confort de tous les jours (je ne suis pas riche, mais je ne suis pas à plaindre de ce côté-là), c'est pour une satisfaction plus profonde.

Allez, bon, je vous remercie encore de toutes vos réponses. Si élaborées et si généreuses. C'est le partage qui fait la beauté des blogues. Merci donc.