jeudi 17 janvier 2013

Poupée de sang

Des fois, je m'enlèverais le coeur. Le cerveau aussi. J'irais même jusqu'aux poumons. Je me saccagerais le triangle de vie comme on arrache de la mauvaise herbe. Histoire de faire le ménage. D'enlever un peu de poussière et de mort.

J'ai des envies de me mettre en jachère. Quelques années. Que plus rien ne pousse, ne remue et ne vive. Enterrer mes vieilles tristesses. Aérer mes vieux démons. Empêcher les nouveaux de m'attaquer jusqu'au fond du corps.

J'ai la vie comme on a la guerre. Avec une armée de soldats en bandoulière. Une vraie vie infectieuse. Qui se répand dans chacune de mes veines. Qui pourrit mes artères. Qui m'attaque et me foudroie. Qui me lascère la peau et m'arrache les viscères.

J'ai appris trop jeune. Je suis née vieille. On a trempé mes organes dans des eaux amères avant de les assembler. On m'a mis trop de chair palpitante.  Il y a des erreurs comme ça. Des défauts de fabrication. Au fond, je suis une petite poupée à réparer. L'antithèse de Pinocchio. Il a trop de nez; moi, trop de sang.

Un jour, on naît. On ne se doute pas de ce qui nous attend. On se fait lancer dans l'arène. Sans manuel, ni munition. C'est la loi. Pas nécessairement celle du plus fort. Mais on risque notre vie. Et moi, ça m'épuise.

Au fond de l'âme

Hier, j'ai eu la chance d'avoir un peu de temps libre en fin d'après-midi. Il faisait encore clair. Je pensais marcher une vingtaine de minutes. Je ne me suis arrêtée qu'une heure et quart plus tard. J'avais besoin de clarté, j'avais besoin de temps, j'avais besoin de penser.

Il fait creux dans mon âme ces jours-ci. Pas nécessairement sombre. Mais j'ai des réflexions qui m'enflent le coeur. Des tonnes de choses qui virevoltent. C'est les grands vents et les incertitudes. Comme si c'était bien nouveau.

C'est creux dans mon âme. J'ai des flammes. Plusieurs éteintes. D'autres qui me brûlent. J'ai du vide. Un grand vide. Ça me remplit. Ça m'occupe les angoisses le soir. J'aspire... Parfois, je ne sais plus à quoi j'aspire. Et pourtant, des réponses j'en ai.

Comment se fait-il qu'on soit dans une société qui ne ressemble pas à la majorité ? Quand on cherche, quand on avoue l'inavouable, quand on dit et nomme, on se reconnaît. Des milliers d'âmes semblables. Qui étouffent dans des enveloppes trop petites. Mais on continue à marcher sur des routes qui ne nous ressemblent pas. À faire des pas dans des mauvaises directions.

Je me cherche des possibilités. Je vois trop de murs. Ou des possibilités trop petites. Mais y a-t-il des possibilités trop petites ? Peut-être qu'à saisir celles-là, on ouvrirait des portes. Est-ce les portes qu'on vise ? Pas toujours. Mais parfois, si ce sont les portes qui nous visent, c'est plus facile. Presque toujours en fait. Car on ne peut se sortir soi-même d'un trou. On a besoin d'un coup de main de la vie. Ou de quelqu'un autour. Ou du destin. On ne peut pas grimper à des parois lisses.

C'est creux dans mon âme. J'ai des pensées lancinantes. Je récris les mêmes bouts de textes vingt fois. Des phrases précises et vraies. Dans ma tête seulement. Je n'ose pas encore le noir sur blanc. Je ne sais pas toujours où je veux aller. Mais je sais souvent d'où je veux partir. C'est déjà un point de départ.

mercredi 16 janvier 2013

Miaulements d'amour

On dit que les parents peuvent reconnaître les différents pleurs de leurs enfants. Oui, bon, je n'ai pas d'enfants.... Mais j'ai un chat. Je sais, je sais, sans commentaire !!!

Toujours est-il que je peux reconnaître quelques-uns des miaulements de mon chat. Dont son plus mignon. C'est un miaulement qui arrive à tout moment du jour, mais souvent la nuit. Il pousse quelques cris. Bien perçants. Mais ne se lève pas. Bouge à peine. En fait, s'il était couché près de mes pieds, il vient un peu plus haut. Ces miaulements-là, c'est ses miaulements de besoin d'amour. Il ne veut pas se lever. Il ne manque pas de nourriture ou d'eau. Il voit juste que je viens de remuer un peu et que je suis entre deux phases de sommeil. Alors il miaule pour de l'amour. Ces miaulements-là, ça veut dire grosso modo : "Maman, flatte-moi donc un peu, j'ai besoin de tendresse et d'amoooour !"

Ok, je sais, c'est la nuit. Vaudrait mieux qu'il se taise. Mais ces petits miaulements-là, je les aime bien. Et je les comprends. Ça m'est déjà arrivé de "miauler" dans la nuit par besoin de tendresse et de câlins. Que pour mieux me rendormir ensuite. Juste comme mon minet ! On ne sait jamais quand peut survenir un besoin d'amooouuuur, hein !

lundi 14 janvier 2013

Hésitation

Ça fait une bonne dizaine de jours que je veux faire un texte sur une petite liste d'objectifs que je veux me fixer cette année.

Je ne sais pas pourquoi, mais je branle dans le manche comme on dit en bon québécois. J'hésite. Même face à moi-même, j'hésite. Je ne m'écris pas les objectifs. Je me les dis dans ma tête. Ou je me dis une thématique sans arriver à fixer un objectif quantifiable ou évaluable du moins.

Mais qu'est-ce que j'attends ? Pourquoi j'hésite comme ça ?

samedi 12 janvier 2013

Les librairies

J'aime les librairies. Ce n'est pas la première fois que je le dis. J'aime les librairies. Leurs étagères couvertes de livres, leur quiétude. Une librairie, c'est un temple, une église, un lieu sacré. Pour moi. Ce qui ne m'empêche pas d'être hautement infidèle...

Oui, je suis infidèle. Je vais d'une librairie à l'autre. Je fouine dans une pour mieux me tourner vers l'autre. Je connais où sont les sections qui m'intéressent dans les librairies que je fréquente. Je connais même les sous-catégories d'une section. Je connais les livres. Quand je me promène dans une librairie, je peux toucher des dizaines de livres. J'effleure la couverture, je retourne le livre, je regarde le texte... Un titre peut m'appeler. Ça peut aussi être une image particulière.

J'aime les gens qui lisent. Ça leur donne une texture différente. Ça modifie une idée préconçue qu'on aurait pu avoir. J'aime découvrir un livre qui semble intéressant, mais dont je ne connais rien. Car souvent, les livres, je connais l'auteur, j'en ai entendu parler, j'ai lu un truc sur le livre... Puis, tout à coup, il y a un livre dont je ne connais rien du tout. Qui m'intrigue. C'est comme une surprise à découvrir. J'aime flâner dans une librairie. Prendre mon temps. Perdre mon temps. Feuilleter pratiquement tous les livres d'une section avant de décider lequel sera l'heureux élu. On dirait que le temps s'arrête. Ça fait quinze minutes que je suis là ou plus d'une heure ? Et ça importe peu. Ça prendra le temps que ça prendra. On ne brusque pas les livres.

Juste d'en parler un peu, voyez-vous, ça m'apaise. C'est un temple. C'est le calme. On oublie sa vie dans une librairie. Qu'elle soit triste ou belle. On est juste ailleurs. En état d'apesanteur. Je vous ai déjà dit que j'aimais les librairies ?

mardi 8 janvier 2013

Des fois

Des fois, la vie, j'trouve que c'est trop grand pour moi.
J'ai peur de me perdre.
Comment on fait pour savoir qu'on a pris le bon chemin?

Des fois, la vie, j'trouve que c'est trop petit pour moi.
Je me sens enfermée comme dans une boîte.
Comment on fait pour en sortir ?

samedi 5 janvier 2013

Pensées de samedi plate

J'ai commencé par me dire ce matin que j'étais rendue plate. Sans feu intérieur. Plus molle. Plus ennuyante. (Ce blogue y compris). Que je manquais de punch, que je n'étais plus drôle ou mordante. Un peu défaitiste de mon moi-même. Que je n'avais pas eu de grosses peines déchirantes et crucifiantes depuis longtemps. Que je cherchais ma flamme, mais que je ne voyais qu'un petit point bien vacillant dans le noir.

Puis, je me suis dit que les gens heureux n'avaient pas d'histoire. Que c'était peut-être ça qui était en train de m'arriver. Mais suis-je heureuse ? Comme chaque fois que je me pose cette question, je trouve que le mot heureuse est presque grossier. Je ne sais pas trop comment y réagir. Avant, j'étais malheureuse. C'était plus clair. Déterminé. Étampé. Merci et bonsoir. Maintenant, c'est un flou même pas artistique. Je ne suis pas malheureuse. Mais suis-je heureuse pour autant ? Je suis plus calme je dirais. Calme, c'est beau, non ? C'est bien d'être calme. Ça fait doux, ça fait fleuve tranquille, ça fait zen, ça repose les oreilles et surtout le coeur. Un peu plus "faitiste" de mon moi-même donc.

Puis là, je me suis regardé aller un peu. Je m'emmerde. J'ai toutes les misères du monde à me convaincre de faire quoi que ce soit aujourd'hui. J'ai réussi à prendre ma douche en milieu d'après-midi. Je ne sais pas encore si je veux quelque chose en attendant mes projets de ce soir (soit, c'est déjà ça de pris, quelque chose prévu !). Je me suis donc dis que j'avais une vie de matante. Que je me matantisais dangeureusement. Suis-je matante ? Mes plus grands thrills ces temps-ci, c'est d'acheter de livres/magazines de recettes, d'en chercher sur internet et de passer mes fins de semaines à cuisiner ma vie compulsivement. Ce que je n'arrive même pas à faire aujourd'hui soit dit en passant... Bon, chacun ses thrills, hein ! Ok, y'a peut-être un ou deux autres petits thrills que je m'imagine. Pour passer le temps. Pour faire aller un peu les matières poussièrreuses de mon gris cerveau. Parce que sinon mon cerveau ces temps-ci.... Ouuuhhhh ! Rien. Ligne morte. Aucun grésillement. Bon, je suis malade depuis une bonne semaine (gastro, rhume, congestion, extinction de voix...) ce qui explique peut-être... Mais là n'est pas le sujet.

Le sujet, c'est que je manque de stimulation. Bon, là, vous allez juxtaposer le mot sexuelle à stimulation, je vois venir vos petits esprits affamés ! Le sujet n'est pas là (facile porte de sortie). Je manque de stimulation intellectuelle. Mon cerveau veut rien savoir de savoir. Veut pas savoir en l'occurence. En a rien à crisser de rien en plus châtié. Il est las. Il regarde un livre comme un montagne. Sauf si images de cuisine pour appuyer le propos. J'ai besoin d'images pour lire un livre, moi ? Euuuh ! Depuis quand ? Bon, j'exagère, mais où est le mal à imager le propos ?

Est-ce janvier ? Est-ce le cerveau congestionné ? Est-ce que ce n'est qu'un peu de fatigue ? Est-ce ma vie ? Sûrement un peu tout ça. Et sûrement plein d'autres choses encore. Tout ça tourne en rond dans ma tête. Je ne me concentre plus sur rien. Trop forçant. Pis tsé, c'est pas ce que je fais rien non plus. Je ne reste pas enfermée pitoyable et misérable. C'est juste que ça me prendrait un G.O. pour ma vie ces temps-ci. Programme d'animation et motivation à la clé chaque matin ! Ça se vends-tu des G.O. chez Jean Coutu ? Paraît qu'on trouve de tout même un ami.... En tout cas, ce serait pratique, me semble, le temps que la machine usée que je suis se remette à fonctionner à meilleure régime !