mardi 23 avril 2013

Le sourire

Les passants doivent se demander. Ce sourire qui n'appartient qu'à moi et que j'expose effrontément. Un sourire de monde qu'on possède. Énigmatique. Je l'ai emprunté à la Mona Lisa. Et je l'ai peint sur mes lèvres. Un sourire jusque dans les yeux. Qui dit l'univers. Comme mille étoiles clichées qui brillent.

Je ne pense pas aux probabilités. Je n'ai que les acrobaties de mon estomac. Cette mollesse délicieuse dans les jambes. Ces pensées ensoleillées et brûlantes qui me coulent sur le corps. Rien ne combat mon imagination. J'ai tous les possibles dans le fond de mon âme.

Déconstruction de cent scénarios. Que je crée, que je joue. Sur un grand écran dans ma tête. J'ai la séduction de tes mots pour m'exalter. Et les flammes de mes maux.

J'ai un sourire de secrets. Indéchiffrable. Je ne vois pas les passants. Trop occupée à rayonner, à dégager, à exulter. Corps de sensations, esprit de délices. Je me propose en oeuvre d'art. J'expose. J'implose.

Ma concentration se défait en désirs. Se multiplie en envies. Se décuple en douceurs. Je souris. Je souris comme si le monde m'appartenait. Et peut-être en effet m'appartient-il, au moins un peu.

7 commentaires:

Nath. a dit…

Un jour, (il y a longtemps...) ma ville de province (française) accueillit pour un match événement l'équipe (de foot : soccer au Canada?) la plus en pointe du moment. En balade en ville je croisai un des plus mimis d'entre eux, coqueluche des jeunes filles comme moi. Je le gratifiai d'un « bonjour ! » accompagné de mon plus beau sourire. Qui resta accroché à ma figure pendant des heures, parce que mon imagination fertile d'adolescente exaltée se mit à produire des scénarii romantiques : je le guide dans ma ville, lui en faisant découvrir les plus beaux ou mystérieux aspects, nous partageons une boisson ds un charmant café, nous discutons des heures sur tout et rien... Voire plus si affinités !
Tout ça pour un regard croisé... allez, 5 secondes ! Il m'avait répondu aussi d'un (charmant) sourire et rendu mon salut. Et ce fut délicieux. C'est sûrement ce qui a déclenché ces rêveries. Je crois biens que je me suis précipitée, de retour chez moi, sur du papier et un crayon pour immortaliser les sensations éprouvées. (j'ai perdu ce récit, hélas, mais pas le souvenir)
Moi aussi le monde m'appartenait...
Je continue encore aujourd'hui à échafauder des histoires extravagantes, et à afficher un sourire, énigmatique ou pas, surprenant sans doute mes voisins de trottoir...
Tout ça pour vous dire, ma chère, (permettez moi cette familiarité), que malgré la distance et toutes les différences qui nous séparent que je peux constater en vous lisant depuis un moment, nous sommes sœurs dans l'esprit ! Allez, je vous embrasse. N.

Éphémère a dit…

J'ai quelques doutes depuis une semaine. Serais-tu amoureuse et serait-ce réciproque ?

Le factotum a dit…

Un sourire rayonnant ne peut qu'amener la joie dans le visage et l'esprit de chacun!
Bon printemps!

prinsessan Fluflu a dit…

Tu as la plume d´une poétesse!
À quand ton joli sourire au... Louvre? ;)
Le monde ne t´appartient peut être pas vraiment,
mais il a de la chance de t´avoir,
toi la "petite Joconde" de Montréal. :)

Viv a dit…

Un sourire, c'est contagieux de toute façon, alors pourquoi s'en priver? Tu souris aux autres et ils attraperont cette maladie!

La règle du "fais comme si" s'applique au sourire aussi. Une journée où on se sent moche, ça vaut la peine d'essayer de sourire quand même, de faire comme si on était heureux et le sourire finit par nous monter jusqu'au cerveau. Ça l'air d'une réflexion d'un livre de psycho-pop mon affaire, mais étrangement dans mon cas ça marche! ;)

Julie Deblois a dit…

Ce texte me remplit de joie!
Il me fait sourire à mon tour!
comme tes mots sont joliment tournés.
Ils me font du bien!
Comme c'est bon sentir les jambes molles et le sourire de la Mona Lisa...
Enjoy Impulsive...
après les temps gris, vient le temps des petites robes jaunes soleil et des sourires qui n'appartiennent qu'à nous!
;)

L'impulsive montréalaise a dit…

@Nath : Ahahhahah ! J'ai aussi, effectivement, l'imaginaire bien pendu et bien facile. Bon, j'oserais dire que j'ai besoin de plus de 5 secondes d'encouragement. Mais on se ressemble. Beaucoup. Pourquoi se priver de rêver et d'afficher son plus beau sourire ? Non, je ne vois aucune bonne raison ! Héhé !
@Éphémère : J'aimerais répondre oui. Mais je dois répondre non. Qui sait ce que l'avenir réserve toutefois ? J'ai hâte de pouvoir dire un oui retentissant à une question comme celle-là !!
@Factotum : Surtout un sourire comme celui-là. Juste de l'afficher effrontément, on se sent toute joyeuse.
@prinsessan Fluflu : Merci, merci. Quels jolis compliments. J'aime bien ce nom "petite Joconde de Montréal". :)
@Viv : Bien vrai que c'est contagieux.... mais que contrairement à ce qui est contagieux en général, un sourire, ça ne fait que du bien !
Quant au faire comme si, ça peut être vrai dans une certaine mesure, je suis d'accord. Par contre, il y a des types de sourire, comme celui que je décris ici, qui ne se crée pas de toutes pièces. On ne peut pas se forcer à sourire avec tout son corps !
@Julie : Je suis contente si j'ai pu te faire du bien et te faire sourire, toi, petite âme tristounette ces jours-ci ! Et oui, c'est siiii bon comme sentiment ! Ça réchauffe l'âme. Je t'en souhaite des sourires internes comme ça ! Câlin.