lundi 6 septembre 2010

Presque en pause

Je suis sur mon balcon. Je mange mes céréales, boit mon jus d'orange. C'est un peu frais. Mais le soleil est magnifique. Je peux voir un coin de fleuve en arrière-plan.

C'est fou comme j'ai juste bien dormi. Bon, j'avais sans doute le matelas le plus inconfortable au monde. Sans conteste en fait. On dirait dormir comme sur des briques. Ou presque. Mais ça n'a pas gâché mon plaisir de sommeil. Et surtout le plaisir de ne pas me lever pendant la nuit. Même pas pour aller aux toilettes. Ni pour angoisser, lire, écrire, internet ou quoi que ce soit d'autres qui soit à ma portée.

Je m'excuse pour les chroniques du quotidien. Mais c'est ainsi que je le sens ce matin. Que je le sentais hier soir.

Aujourd'hui, je m'enferme dehors. Faut. Parce que pour les prochains jours, on annonce rien de moins que du déluge. Tant pis j'écrirai, je corrigerai mon roman et je vivrai tranquillement. Pourvu qu'on me laisse quand même une ou deux éclaircies d'une trentaine de minutes ici et là. Sinon, je prendrai ma voiture, me stationnerai devant la plage et prendrai le ciel noir en photos. Et j'écrirai dans mon fameux carnet.

Je raconte tout, je raconte rien. Je savais qu'être ici m'amènerait une certaine contemplation. De paysages, oui, mais aussi de ma vie. Et j'ai quand même plusieurs choses à y contempler. À penser. À laisser aller. La vie est un processus mystérieux. Là, je suis en semi-pause. Quelque part ailleurs.

Et je rentre à l'intérieur du studio. Le temps de me préparer à découvrir le monde !

dimanche 5 septembre 2010

Tranches de vie

En ce moment, je dois avoir des restants de couleur homard sur le corps. Habituellement, je ne suis pas celle qui prend les douches les plus chaudes. Mais là, ça s'imposait.

Je suis perdue quelque part dans Charlevoix. Je viens de m'ouvrir une bière. D'ici of course. Et j'ai envie d'écrire. Après tout, ne suis-je pas venue ici en partie pour ça ?

Il fait chaud. Vraiment chaud. Ça compense pour les quelques frissons tout à l'heure lorsque j'ai pris une longue marche sur la plage. Je me suis gavée de beauté. Ainsi que mon appareil-photo. Qui m'avait démangé toute la journée. Bon, j'avais bien pris quelques photos un peu plus tôt. Mais seulement en conduisant et pour le hasard de voir ce que ça pourrait donner. J'aime faire ça. Ne pas toujours prévoir la photo. La laisser se créer d'elle-même.

La bière est bonne. Pas trop forte. Un léger goût d'épices.

Je suis seule. J'ai fermé tous les stores et allumé 2 lumières. C'est un peu en apesanteur comme sensation. J'ai vraiment l'impression d'être très loin de tout. Mais ce n'est pas le lieu qui fait ça. C'est moi. Quand je suis dans un hôtel, seule à l'étranger, je n'ai aucun problème à être seule. Ni chez moi. Je ne dis pas que j'en ai ici. Mais d'être seule dans un hôtel au Québec m'a toujours fait une drôle d'impression.

La journée a été longue. Pas longue pour me plaindre. Juste longue. Comme le sont parfois les journées. Parce qu'on a peu dormi. Des choses qui arrivent. Parce qu'on a fait plusieurs heures de voiture. Faut bien se rendre. J'ai bien aimé la route aujourd'hui. Pour le temps de penser, pour le temps de chanter à tue-tête. Le temps de regarder aussi. Le temps d'arrêter quand je veux. Un cappucino glacé, un arrêt toilette, un dîner, quelques photos...

J'ai dîné d'un sandwich et d'une soupe. À côté de gens qui ont certainement eu aujourd'hui la conversation la plus ennuyante de la planète. Les mots étaient gauches. La femme a dit quelque chose. L'homme n'a rien compris. Il a dit la même chose plus tard. La femme a acquiescé de façon laconique. Même les silences avaient l'air ardus et pénibles. Qui sait que les silences peuvent se révéler délicieux si on choisit la personne avec laquelle on les partage. Ce n'était pas leur cas.

Il y a eu la plage aussi. Magnifique. Où j'ai marché longuement. Pris de nombreuses photos. J'aime le fleuve. D'un amour inébranlable. J'aime ses couleurs, ses textures, ses nuances, ses humeurs. Ça vide la tête. Non pas que j'aie tant de négatif à vider en ce moment. Mais ça fait du bien. Respirer, regarder, ne pas trop penser, prendre des photos.

Les bruits de fond du studio sont étranges. Vous savez ces bruits qui font que l'on est jamais plongé dans un silence complet...

J'ai hâte de me lever demain matin, de sûrement ouvrir ma porte, de faire quelques pas à l'extérieur et d'aller voir le fleuve. Qui n'est vraiment pas loin.

Mes vacances se poursuivent fort bien jusqu'à maintenant. Agréables et simples.

Les mots suivront plus tard...


samedi 4 septembre 2010

C'est bien ainsi

Dernièrement, un fidèle lecteur, sur son blogue m'a dit qu'il serait bien curieux de voir à quoi ressemblaient mes poèmes de jeunesse. J'ai été tenté par l'idée. Je viens même de sortir un vieux cahier et j'ai feuilleté. Mais voyez-vous, j'ai réalisé bien assez vite que je ne pouvais pas vous servir ça comme texte. Pas où j'en suis rendue dans ma vie. Pas aujourd'hui. Ce serait du vieux réchauffé.

Les textes ne sont pas tous mauvais. Certains sont même acceptables (bon, c'est relatif, hein !?). Mais je suis si loin de tout ça. J'étais une adolescente taciturne. Des ''poèmes'', j'en ai écrit des tonnes. Mais les sujets n'étaient pas si larges. Deux revenaient de façon constante. L'amour (sous toutes ses déclinaisons douloureuses) et l'horreur de vivre (encore là sous toutes ses déclinaisons douloureuses possibles). Ça a été ça mon adolescente. Je ne dis pas ça pour m'en plaindre. Ni pour m'en attrister. Bien entendu, j'ai une certaine tendresse pour celle que j'ai été. Mais je la remercie surtout. Car pour devenir qui je suis, j'ai dû passer par là. Par ce désert, par cette soif, par cette tristesse, par cette douleur...

Dernièrement, j'ai écrit un texte sur le bonheur. Un texte que je ne suis pas certaine de vouloir mettre ici. Il me touche beaucoup. Ce n'est probablement pas mon meilleur texte point de vue littéraire. Ni même celui qui vous ferait ressentir le plus l'émotion ressentie par l'auteur au moment de l'écriture. Mais après l'avoir rédigé, c'est mon coeur littéralement que j'ai vu sur le papier. L'émotion exacte qui m'habitait au moment où j'ai écrit ce texte. Et surtout, une image magnifique d'une femme qui a compris bien des choses, qui a appris de la vie, qui est de plus en plus heureuse. Qui a compris aussi que le bonheur n'est pas un état immobile.

Voilà, pourquoi je ne vous servirai pas un vieux poème aujourd'hui. Peut-être même jamais. Parce que la fille que j'étais laisse tranquillement place à la femme que je suis. Et que c'est bien ainsi.

vendredi 3 septembre 2010

Jusqu'à maintenant les vacances...

Oui, j'y suis déjà. Depuis hier 17h en fait. En vacances. Enfin.

Et c'est fou comme j'ai l'impression que le temps passe si vite... Comme si le sablier se vidait de son sable plutôt que de le faire s'écouler lentement.

Depuis hier,
j'ai joué à la thérapeute, gratuitement, cela va de soi,
j'ai marché, marché, marché,
j'ai parlé, parlé, parlé, écouté, écouté, écouté
j'ai bu,
j'ai mangé,
j'ai presque joué dans un film hollywoodien, non pas un vrai, même pas un film en fait, ni à Hollywood
j'ai exploré longuement certains coins de rue de Montréal,
j'ai dormi,
j'ai écrit,
j'ai contemplé le ciel (et des branches d'arbre surtout) allongé dans l'herbe
j'ai failli faire la sieste, mais n'ai pas eu le temps,
j'ai couru et j'ai levé des poids
j'ai pris 2 douches sous le ciel de la canicule... et du gym,
j'ai écouté de la musique
j'ai essuyé mes lunettes plus de fois qu'à l'habitude,
j'ai lu, un livre (en partie seulement je précise), des blogues, des courriels
j'ai flatté le chat
j'ai senti
j'ai déserté le monde pendant quelques instants, goûté à l'invisibilité...

J'ai fait ce qu'il me tentait de me faire au moment où ça me tentait de le faire en résumé. Et oui, tout ça entre bel et bien en moins de 24h. Testé et certifié par moi-même !

J'ai hâte de voir la suite. Les vacances commencent bien ! :)

jeudi 2 septembre 2010

Ne cherchez vraiment pas à comprendre ce post. Vraiment pas j'ai dit

Les parcs de l'arrondissement

Parc Denise-Morelle
Sur la rue Rivard au nord de la rue Marie-Anne
Information supplémentaire

Superficie 0,053 hectare(s)
Date de dénomination : 04-07-1990
Aire de jeu des tout-petits

Données historiques

(1926-1984), comédienne

;)

Une suite...‏

Vous reconnaîtrez peut-être le début. J'ai trouvé du plus viscéral, du moins sirupeux pour poursuivre finalement...

***

La chaleur ne tombe pas sur la ville et j'ai le ventre en feu.

C'est une canicule qui frappe et annihile. Presque un four crématoire où les cadavres s'empilent, carbonisés.

Et moi, au milieu de ce spectre de fournaise, je promène un ventre en feu. Un ventre qui démange. Un ventre brûlant.

La chaleur ne tombe pas sur la ville et je me consume. Des flammes hautes et qui dansent. Des entrailles bouillantes. Un corps affamé.

Le ventre, ce ventre. Que ce ventre que je sens. Une répétition des désirs, une ritournelle infernale.

Je le promène. Je l'offre aux passants en silence. Comme une désespérée qui a tous les espoirs.

La chaleur ne tombe pas sur la ville. Ni sur mon ventre.