mercredi 22 février 2012

Marionnette de chair

Je suis une marionnette. Une petite poupée de chiffons qu'on maltraite, qu'on torture. Une petite catin Vaudou. Des aiguilles dans le coeur. Des brûlures sous les pieds. Des ciseaux qui me coupent un bras. Une râpe qui m'écorche le ventre. Je suis manipulée comme un pantin sans os. Un corps vide. Je n'ai que ma peau. Une mince et fragile couche de peau qui ne me protège plus de rien.

J'ai l'âme exposée. Sur tous les murs de la ville. Dans tous les caniveaux. J'affiche mes émotions comme une putain écarte les jambes. Grande ouverte et humide. De larmes sèches. Des larmes qui ont creusé des failles sur mes joues grises. Des sillons d'humanité. Des taches de souffrance. Je n'ai plus de gêne et de pudeur. Au fond du baril, on ne se soucie plus des regards sur nous. On s'en nourrit un peu. On en meurt un peu.

J'ai la noirceur. Je me sens aspirée. Ces idées mauvaises qui planent comme des vautours. Le soleil plombe et je vois les ombres. La peur fait frémir mon âme. Une âme d'enfant qui voit le gros méchant monstre qui approche. De lourds pas menaçants. Ma vie est une menace. Vivre est une menace. C'est comme ça quand les gens nous traitent comme un jouet. C'est comme ça quand ils nous jettent sur le mur parce qu'ils n'ont plus envie de jouer. Je suis un jouet brisée. Je suis une poupée éventrée.

lundi 20 février 2012

La femme morte

Y'a Quelque part qui a parlé de quelque chose sur son blogue dans son dernier texte. Et je sais pas, mais ça me trouble beaucoup.

C'est une femme. Elle est morte. Seule dans son appartement. Et on l'a trouvée. Mais seulement environ trois ans plus tard ! Et pas une femme de 84 ans, là. Non, non. Une femme de 38 ans.

Comment peut-on mourir et que les gens s'aperçoivent de notre mort seulement trois ans plus tard ? Ça fait peur. Ça en dit beaucoup sur notre société. Sur la solitude des grandes villes, sur les familles qui s'éloignent, sur les voisins qui ne veulent rien savoir, sur les amis qu'on perd.

Et il y a la question, aussi. Moi ? Après combien de temps s'apercevrait-on que je suis morte dans mon appartement ? J'y ai pensé aujourd'hui. Il est certain que ça dépend de plusieurs facteurs. Mais assurément, ça ne se ferait pas en quelques heures. Probablement pas en quelques jours. Sûrement deux ou trois semaines. Comme je dis, ça dépend de plusieurs facteurs.

Deux ou trois semaines ! C'est sacrément long je trouve. Faut dire que je vis seule. Doit-on juger ceux qui vivent seul sur le même niveau que ceux qui vivent avec quelqu'un ? Se poser cette question, n'est-ce déjà pas juger ? Et en même temps, n'a-t-on pas raison de juger ceux qui vivent seuls ? Au bout d'une vie, les relations qu'on a nouées, n'est-ce pas là, la seule chose qui compte ? Mais de nos jours, tellement de gens vivent seuls... C'est difficile les relations humaines. Est-ce que justement je ne vis pas seule à cause de cette société qui fait qu'une femme peut passer plus de deux ans morte dans son appartement avant qu'on la trouve ?

Ça me trouble. Je trouve ça triste. C'est morbide de penser à cette femme, à ce corps qui se décompose, à sa nourriture dans son frigo qui avait des dates d'expiration vieilles de trois ans. C'est ça une société évoluée ? Y'a place à améliorations je dirais !

dimanche 19 février 2012

En criss

Je sais pas, mais ce soir, jme sens en criss contre la vie. Une vraie enragée. J'y pèterais la gueule pour tout dire.

Je suis fâchée contre les injustices, contre les délais, contre le monde. Jme sens différente. Comme d'une autre planète. J'ai pas de patience. Je suis tannée que le temps passe, mais pas les mottons dans la gorge. Jveux dire, ça part, ça revient, ça repart. C'est jamais durable.

J'ai juste envie de m'isoler, de fermer la porte. Je suis comme ça quand je vais moins bien. Je n'ai pas envie d'être confrontée à ces gens qui ne comprennent pas, qui ne veulent rien voir des bouts parfois laids de la vie. C'est bien de chialer et d'être sarcastique. Mais faudrait pas dépasser les limites et exprimer plus d'émotions que ça !

Pis l'attente, la maudite attente. Ces conseils qui me disent d'être patiente. Je ne le suis pas, patiente. Mais je le suis devenue. Pas le choix. La patience, la vie me l'a crissée dans la gueule de force.

Pourquoi j'ai tout ça dans la tête ? Pourquoi j'ai ces idées-là ? Pourquoi je ne suis pas née imbécile heureuse ? Ou bien toujours joyeuse et optimiste ? Pourquoi des fois jfonce dans le mur pis je mets pas les freins parce que dans un sens, ça fait du bien quand ça fait mal ? Jveux pas dire que j'aime ça. Mais ça fait quelque chose, ça fait bouger et remuer la mort en-dedans, ça fait évoluer vers un peu de mieux quand c'est fini.

Ce soir, je suis vraiment en maudit avec la vie. J'aimerais ça être comme tout le monde. Me fondre dans le décor. Arrêter de détonner. Ne pas être celle à part.

Ce soir, j'aurais envie de me prendre un grand, grand verre. Pis de tellement boire que je pourrais me vomir au complet, me sortir de moi. Des fois, ça serait le fun si on pouvait prendre des vacances de soi. Mais on peut pas.

samedi 18 février 2012

Désertée

Tu ne m'animes plus. Tu m'as laissée vide et désertée. Comme un chien abandonné, mort, sur une autoroute trop passante. J'étais lumières, artifices, j'étais vivante. Tu m'as laissé les joues grises, le souffle éteint. Le coeur comme avant. Un coeur qui a vécu, qui a vaincu. Qui sait trop les misères de la solitude et des nuits étranglées.

J'essaie. De te réanimer. D'avoir des sourires pour tes folies. Des rires pour tes yeux. Mais je n'ai plus rien. J'ai donné l'essence qui restait et tu as étouffé le feu. Tu avais les paroles, mais pas les gestes. Tu avais quelque chose, mais pas ce que je voulais. C'est la vie qui va. Qui suit son chemin sans se détourner pour m'inclure sur sa route.

Je meurs de l'âme. De grands bouillons de vie qui s'échappent. Qui se répandent sur l'asphalte mouillée. Une tragédie moderne au coeur des immeubles de la ville. À une autre époque, j'aurais planté le glaive directement sur mon coeur. Mais l'époque est révolue. Aujourd'hui, on met ses sentiments dans un sac à bandoulière et on traîne nos détresses comme des poids qui nous retiennent à nos plus chères illusions.

vendredi 17 février 2012

Brève de vendredi après-midi

J'm'ennuis.

D'ennui.

De la vie.

De j'ai des soupirs d'ennui de plein d'affaires.

mercredi 15 février 2012

L'art de ne rien dire

Parfois, l'autre essaie de nous faire dire quelque chose. Ce qu'il a envie d'entendre. Ou ce qu'il pense qu'on pense.

D'autres fois, on s'insurge, on s'émotionne (oui ctun mot j'ai décidé !) et on essaie de tasser l'autre dans ses derniers retranchements. Pour provoquer une réaction. Celle qu'on souhaiterait.

Il arrive qu'on dise quelque chose et que l'autre l'interprète tout croche. Invente des choses, s'approprie nos mots et leur fasse dire n'importe quoi.

Et ce n'est que quelques exemples ! Non, mais c'est tu assez compliqué la communication ? On n'arrête pas d'analyser, de se fâcher, de penser qu'on comprend, de dire qu'on comprend pas. On laisse l'autre parler, on s'empêche de parler, on parle trop, mais toujours pour ne rien dire..... C'est sans fin.

Ce que j'aimerais, c'est pouvoir toujours dire ce que je pense et que l'autre comprenne toujours ce que je veux dire. Et que ça se finisse toujours bien. J'aimerais vivre sur la planète Mars donc !

Eille, faut le faire.... Écrire un petit texte pour dire que je veux pouvoir dire. Mais finir par ne pas dire grand chose et tourner autour du pot pour que vous puissiez vous demandez ce qu'au fond j'avais vraiment envie de dire.

mardi 14 février 2012

Fille d'absolu

J'ai essayé. Je te jure que j'ai essayé. Comme une torture. M'astreindre à écrire des mots romantiques parce que c'est la fête de l'amour. Parce que je le suis, romantique. Mais ce ne sont pas les mots que je veux pour toi. Pas de sirupeux et de stupide. Je veux de la dynamite au fond d'un verre d'alcool pur. Je veux de la nostalgie qui arrache la peau.

Mes mots, je veux qu'ils expriment toutes ces nuits, ces moments où j'ai gravé ton visage dans mon imagination. Où mes veines résonnaient parce que mon sang battait trop violemment. Où mon coeur s'écorchait de ces mille histoires que je n'arrivais pas à faire vivre. Des histoires capricieuses qui manquaient de souffle avant même d'exister.

Je veux que ce soit sauvage et farouche. Je veux que ce soit plein et unique. Je veux me sortir le coeur par la bouche. Me le vider. Te le donner. Je veux tes bras et tes jambes comme prison. Je veux tes mots comme la plus douce des tortures. Je veux tes griffes sur mes tripes. Me sentir prise et envahie. Je veux que ça brûle, que ça calcine, que ça réchauffe le ventre. J'ai besoin d'absolu.

Cette distance me tue. Ne pas t'avoir. Ne jamais t'avoir eu. N'avoir que des souvenirs imaginaires. Des contes de fée de petite fille à l'innocence perdue. Tu le sais... Le sais-tu ? Devines-tu seulement ? Mes yeux peut-être. Ce trouble sur mes joues. Ou mes mots. Cinglants. Inquisiteurs. Je suis partie à l'affront comme d'autres se sont rendus à la guerre. Avec mes armes et mes protections. Avec le coeur gonflé. J'anticipe la défaite.

Même si je sens quelque chose. Un mince et insidieux ver. Qui se faufile. Et que j'alimente mon espoir avec de l'électricité à puissance maximale. Je l'anticipe la défaite. La crains comme une fin du monde. Un tremblement de cette terre sur laquelle j'habite seule et solitaire.

Et toi, tu joues au fou du roi. Tu me donnes envie de cent meurtres différents. Tu fais gonfler ma colère. Mes balles claquent au vent. Tu ouvres la main, les attrape, tu souris et je me rends. J'essaie d'oublier les romances, les appels puissants de mon ventre, le manque dans mon esprit. Mais je suis à genoux. Je te jure que j'ai essayé. Mais je ne suis pas genre de fille à essayer. Je suis fille d'absolu et d'intensité.