lundi 22 février 2016

Mots agités

J'ai mal de mots. Jamais je ne les ai ressentis aussi physiquement. Ça se fracasse partout en moi. Ça m'explose le ventre. Ça me joue sur la peau. Ça s'évapore de ma chair. Ça crie dans mon crâne. Ça m'agite et me remue. Ça me brûle dans les tripes. Ça saigne dans mes veines. Ça coule dans mon dos. Ça parsème mon corps tout entier. 

Je suis gluante de mots. Chaude de mots. Glacée de mots. Hurlante de mots. 

Trop de mots. Trop de mots. Tellement trop de mots. 

Ça vole et me foudroie. 

Des mots à la volée. En pleine gueule. Tous ceux que j'ai écrits avant et qui sont blottis dans moi. Tous ceux qui veulent m'exploser la poitrine actuellement. Tous ceux qui font la file, soldats engagés, en prévision de mes futurs agités. 

Ces mots rêvés aussi. Qui prennent la poussière et que je voudrais donner en offrande. Ce nouvel éclair de lucidité sur un projet pourtant farfelu. Plein de mots que je voudrais partager à la face du monde. Des mots pour faire du bien. Ou du mal. Mais toujours du bien ultimement. Des mots qui seraient la présence manquante à ces écorchés comme il y en a trop. Des mots que je voudrais qu'on lise. Que j'aurais voulu lire. 

Ça bouge tant. Rien en place. J'ai peur et ça tangue. J'ai les mots partout dans le corps. Dans la gorge. Dans les jambes. Dans les intestins. J'ai les mots partout dans l'âme. Et cette peur qui me dit que si je ne partage rien, je serai ensevelie. Morte de mots. 

3 commentaires:

Le factotum a dit…

Vous avez l'âme du poète.
Laisse-toi aller.

scarecrowworld a dit…

Ne meurt pas... l'épitaphe ne sera jamais assez grand pour comprendre tous tes mots... alors à quoi bon! Utilise les!

L'impulsive montréalaise a dit…

@factotum : Je le fais. Parfois. Comme je peux.
@sacrecrowworld : Il est vrai qu'il y a beaucoup à comprendre dans l'être que je suis...